DANS LE NOIR EN PLEIN JOUR
Mots clés : panne
- Une gigantesque panne en cascade paralyse le nord-est de l'Amérique; - Les autorités américaines écartent la thèse de l'attentat

Sans électricité, les millions de «victimes» étaient aussi sans certitude hier en fin de journée quant aux causes de cette panne d'envergure qualifiée «d'événement extrêmement rare» par Hydro-Québec. Les autorités américaines ont toutefois très vite écarté la thèse de l'attentat terroriste, préférant plutôt parler de défaillance technique dans le réseau.
«Je peux vous dire qu'il est sûr à 100 % qu'il n'y a pas d'indication pour le moment qu'il y ait un acte de terrorisme» derrière cette panne, a déclaré hier le maire de New York, Michael Bloomberg, quelques minutes après la disparition de l'électricité dans sa ville.
Selon plusieurs représentants de compagnies de distribution de courant, la panne aurait pu être provoquée par la défaillance d'une centrale électrique de Manhattan. Défaillance à l'origine d'un déséquilibre dans le réseau de New York qui s'est propagé ailleurs sur le continent, selon Bryan Lee, porte-parole de la Commission fédérale de réglementation de l'énergie à Washington. La contamination aurait atteint l'Ontario vers 16h10, alors que la province était en train d'importer du courant produit du côté américain afin de répondre à la demande, a précisé André Parker, vice-président d'Hydro-Ottawa. Autre hypothèse: la foudre tombée sur la centrale Con-Edison de la région de Niagara, côté américain, ce qui, suivi d'un incendie, a induit la vaste et déconcertante panne.
Les conséquences de ce vide électrique ont été instantanées. Du côté américain comme du côté canadien, plusieurs millions de citadins ont dû se passer du métro, qui d'ordinaire rime avec boulot et dodo. À New York et à Toronto, des marées humaines ont envahi les rues, les routes et les autoroutes faute d'accès aux transports en commun électrifiés. Bureaux et grands magasins ont également fermé leurs portes, tout comme les stations d'essence où l'électricité sert normalement à faire fonctionner les pompes.
«Personne n'a été blessé pendant les opérations d'évacuation des grands immeubles et du métro», a déclaré le maire de New York. Même son de cloche à Toronto et à Ottawa, où les autorités ont encadré hier l'évacuation du métro pour les uns et des édifices gouvernementaux pour les autres afin d'éviter les débordements. «Il n'y a pas d'électricité, mais nous sommes en sécurité», a précisé hier un responsable du métro de Toronto à l'agence de presse Reuters. En sueur aussi, puisque à Toronto et à New York, le mercure dépassait hier après-midi les 30 degrés au moment de la panne.
Les indicateurs de la Bourse, eux, ont perdu un brin le contrôle, quelques minutes à peine après le début de la panne. À New York, le dollar a légèrement fléchi par rapport à l'euro sous les premières rumeurs d'attentat terroriste. Pour ensuite remonter sensiblement au rythme des discours rassurants du maire de New York.
La panne a également perturbé la circulation aérienne. Dans les trois aéroports de New York, ainsi qu'à Cleveland, Detroit, Toronto et Ottawa, les vols ont été suspendus au coeur de la panne. Le service a repris progressivement au cours de la soirée.
L'électricité devait aussi en faire tout autant. Déjà, quelques heures après le début de ce black-out, elle a refait lentement son apparition dans certains quartiers de New York comme dans certains coins de l'Ontario. «Nous allons remettre le courant dans la ville, a précisé Bloomberg, mais cela va prendre un certain nombre d'heures.»
Hydro-Québec a très vite offert son aide à ces homologues ontariens et américains pour assurer l'approvisionnement en électricité une fois la panne réparée. Tout en précisant: «Les consommateurs du Québec ne seront pas touchés par des délestages, a précisé Mme Proulx. Nous allons exporter de l'électricité, mais notre mission première, c'est de servir les gens du Québec.»
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