Chaleur et sécheresse gâtent les récoltes à travers l'Europe
Mots clés : feu

Photo: Agence Reuters
Comme lui, des dizaines de milliers d'agriculteurs font le compte des dégâts. Et la grimace. Les températures ont dépassé les 35 degrés et les pluies se font rares, faisant souffrir animaux et vergers, mais aussi champs de céréales, de betteraves ou de fourrage pour
les bêtes.
Dans certaines régions de l'est de l'Allemagne, 80 % de la récolte est déjà perdue. Le pays s'attend à une récolte moyenne inférieure de 15 % à celle de l'an passée, elle-même en baisse de plus de 10 % par rapport à la récolte 2001, à cause des graves inondations de l'été dernier.
En Autriche, les syndicats agricoles affirment que cette année sera la pire depuis 1975, et le ministère français de l'Agriculture s'attend à une récolte en baisse de 10 % pour les céréales.
Les productions très spécialisées ne sont pas non plus épargnées. Les citrons cultivés dans le sud de l'Italie pour la préparation du limoncello, une liqueur particulièrement appréciée des Italiens, produiront de 10 à 15 pour cent de moins que d'habitude. Les bufflonnes, dont le lait sert à fabriquer la mozzarella, ont trop chaud et produisent moins. «Les pauvres bêtes sont stressées par la chaleur», explique Guerrino Zirletta, patron d'une crémerie spécialisée dans la mozzarella au sud de Rome.
Pas d'aide supplémentaire
Déjà largement subventionnés, les agriculteurs ne peuvent pas espérer toucher d'aides très importantes pour compenser leurs pertes. Le commissaire européen à l'agriculture, Franz Fischler, a annoncé que la Commission ne disposait d'aucuns fonds supplémentaire pour venir en aide aux producteurs, à qui l'Europe verse 43 milliards d'euros (environ 68,4 milliards $CAN) par an.
La Commission a quand même anticipé le versement d'une subvention destinée aux producteurs de boeuf et pourrait payer un mois plus tôt, soit en octobre au lieu de novembre, une partie des sommes qu'elle verse aux céréaliers.
La France est le seul pays qui a décidé d'une aide, avec 37 millions d'euros (environ 58,8 millions $CAN) débloqués pour le transport du fourrage pour l'alimentation du bétail et un report de taxe pour les agriculteurs. Aucun État membre n'a demandé à la Commission une dérogation pour aider l'agriculture.
Pas possible non plus pour les fermiers de répercuter les pertes sur le prix de vente de leur production. Les importateurs se chargeront de répondre à la baisse de la production locale et feront venir des pommes d'Argentine ou des poires de Nouvelle-Zélande, sans que les consommateurs pâtissent d'une augmentation notable des prix.
Il reste donc à gérer la crise en limitant au maximum les dégâts. Berthold Heil parvient à arroser une partie de ses vergers, où la baisse de la production n'est que de 10 pour cent. Pour le reste, il sait déjà que ses fruits serviront à faire du jus, à dix centimes d'euro (environ 0,16 $CAN) le kilo, contre sept à dix fois plus pour des fruits de table.

