Construction du mur de sécurité entre Israël et les territoires occupés - Une militante montréalaise est arrêtée
Mots clés : mur
Une militante montréalaise figure parmi les 47 personnes détenues depuis hier matin par les autorités israéliennes à la suite d'une tentative ratée de perturber la construction d'un mur de sécurité séparant l'État hébreu des territoires occupés de la Cisjordanie.
Le groupe, formé d'une cinquantaine de personnes, faisait obstacle à la destruction d'une maison qui se trouve en plein milieu de la ligne de construction du mur de sécurité, près du village de Masha, dans le nord de la Cisjordanie. Selon les informations fournies par le MSI, des soldats israéliens ont rudoyé les militants au moment de leur arrestation.
Les pacifistes, qui proviennent du Canada, du Japon, du Royaume-Uni, de l'Irlande, de la Suède, du Danemark, de l'Italie, de la France, d'Israël et de Palestine, ont tous été conduits à la prison d'Ariel, en Cisjordanie. Les ressortissants étrangers risquent l'expulsion à coup sûr.
Le ministère des Affaires étrangères déconseille aux Canadiens de se rendre en Cisjordanie ou dans la bande de Gaza en raison du climat de violence perpétuelle qui y règne. L'armée israélienne interdit même aux titulaires de passeports étrangers dotés d'un visa de touriste d'entrer en Cisjordanie et dans la bande de Gaza, indique le ministère.
«La capacité de l'ambassade canadienne d'intervenir au nom des Canadiens qui choisissent de se rendre ou de rester en Cisjordanie ou dans la bande de Gaza est limitée», prévient le ministère dans ses conseils aux voyageurs.
«Les Canadiens qui décident de se rendre ou de rester dans ces régions peuvent se voir refuser le droit d'entrée ou de sortie et peuvent rencontrer d'autres sérieuses difficultés», ajoute le ministère.
Dès l'atterrissage, les douaniers peuvent même refouler un voyageur qui exprime la moindre sympathie à la cause palestinienne.
34 pacifistes relâchés
Les membres du Mouvement de solidarité international qui foulent le sol palestinien ne peuvent donc pas ignorer les conséquences de leurs gestes. Le mouvement considère néanmoins la détention de Soledad Delgado comme un geste «illégal» et «immoral» au même titre que l'occupation des territoires palestiniens par l'armée israélienne.
Citant la radio publique israélienne, l'Agence France-Presse rapportait en fin de journée hier que 34 pacifistes avaient été relâchés.
Toujours selon la radio, le ministère israélien de l'Intérieur a décidé d'expulser une Italienne parmi les pacifistes en question. Les autres ont été avertis de ne pas se livrer à des provocations et de ne pas perturber le travail de l'armée.
Israël a annoncé la semaine dernière l'achèvement des travaux de construction du premier tronçon (140 km) de la clôture de sécurité érigée le long de la Cisjordanie et dénoncée par les Palestiniens comme un «mur de l'apartheid».
Destinée officiellement à empêcher des «infiltrations terroristes» dans l'État hébreu, la clôture est constituée d'un ensemble d'ouvrages d'une largeur pouvant atteindre des dizaines de mètres, dont une clôture électronique, des pistes de patrouille, des fossés antichars et, par endroits, une muraille de béton de huit mètres de haut.
Le Mouvement de solidarité international a lancé cet été une campagne énergique contre la ligne de sécurité. Depuis avril 2002, près de 60 membres du groupe ont été expulsés par Israël, qui accuse le mouvement d'entraver l'action des forces de l'ordre.
Avec l'Agence France-Presse
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