Caisses de retraite: retour des rendements en territoire positif

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Gérard Bérubé
Édition du lundi 04 août 2003

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Les caisses de retraite ont repris du poil de la bête, mais ce n'est tout de même pas le Pérou.

Photo: Jacques Nadeau

Après deux années de morosité boursière au Canada, les gestionnaires de caisse de retraite sont revenus en territoire des rendements positifs au deuxième trimestre. Tous, sans exception! Aidés par un rebond des places boursières, ils ont pu ainsi relever la tête, sans trop de conviction cependant, nombre d'entre eux ne parvenant toujours pas à battre leur indice de référence.

Dans son survol Benchmark, la branche d'analyse des placements de RBC Services internationaux, a parlé de répit au deuxième trimestre de 2003. Ainsi, après deux années de marché baissier au Canada (trois aux États-Unis) «tous les gestionnaires de portefeuilles institutionnels du pays ont dégagé des rendements positifs au cours du trimestre terminé le 30 juin 2003. Soutenus par la récente reprise à la fois des actions et des obligations canadiennes, même les gestionnaires de fonds équilibrés institutionnels les moins performants ont dégagé plus de 4,4 %», a soutenu l'institution associée à la Banque Royale. Cela vaut même dans la catégorie des actions américaines, malgré le renforcement du dollar canadien par rapport à sa contrepartie américaine.

Résultats encourageants

Les firmes d'actuaires Morneau Sobeco et Mercer ont déjà chiffré à 7,4 % le rendement médian des caisses de retraite canadiennes au deuxième trimestre, soit la meilleure performance sur une base de trois mois depuis le quatrième trimestre de 2001.

La Royale d'ajouter, dans son communiqué diffusé la semaine dernière: «Les résultats du deuxième trimestre sont encourageants, mais beaucoup de caisses de retraite ne sont pas encore tirées d'affaires, le rendement moyen des actions canadiennes sur la période de 12 mois terminée le 30 juin étant encore légèrement négatif, à 0,9 %. Néanmoins, c'est une très nette amélioration, si on se souvient que d'avril 2002 à mars 2003 le rendement moyen des actions canadiennes, dans l'univers des fonds équilibres Benchmark, a rétréci d'un taux alarmant de -16,6 %.»

Selon une autre enquête, de la firme AON cette fois, par catégorie, le meilleur rendement au cours du deuxième trimestre a été obtenu par les actions canadiennes à petite capitalisation, avec une médiane de 10,6 % à peine supérieure à celle de 10,2 % offert par les actions canadiennes. À l'exception du marché monétaire, la performance la plus faible du deuxième trimestre est venue des titres obligataires, avec un rendement médian de 4,9 %.

«Dans le secteur des titres à revenu fixe, les actifs ont été transférés dans des instruments à plus court terme. Alors que beaucoup de gestionnaires de portefeuilles restent prudemment dans l'expectative, la proportion moyenne des liquidités a augmenté à près de 5 %, certains portefeuilles en détenant jusqu'à 10 %. Habituellement, les gestionnaires se rabattent sur les liquidités quand ils s'inquiètent des perspectives de rendement dans les autres secteurs», a renchéri Benchmark.

Performances plus diluées

Pour l'ensemble du premier semestre, les performances deviennent plus diluées. On observe des rendements positifs chez les fonds équilibrés (médiane de 2,6 % selon la firme AON), les titres à revenu fixe (médiane de 4,4 %) et le actions canadiennes, prises au sens large (+5,6 %) ou à petites capitalisation (+4,9 %). Mais les gestionnaires ayant misé sur la diversifications internationales doivent conjuguer avec un rendement médian négatif dans le segment actions américaines (-4,2 % lorsque converti en dollars canadiens), actions internationales (-6,2 %) et actions globales (-5,2 %)

Benchmark rappelle, pour sa part, que ses données révèlent qu'«au cours des cinq dernières années, l'assouplissement des règles gouvernementales canadiennes concernant les investissements étrangers n'a pas contribué au rendement des caisses de retraite. Malgré un rendement moyen respectable de 8,6 % au cours du trimestre le plus récent, les actions étrangères ont en fait représenté un frein net pour les rendements des caisses de retraite. Les fortes chutes des marchés au cours des trois dernières années ont gommé les gains solides des années antérieures. Il faut remonter à 1997 pour trouver un rendement composé positif pour ce secteur.»

Autre observation intéressante, venant de l'enquête d'AON: si l'on retient la performance médiane, très peu de gestionnaires parviennent, depuis un an, à battre leur indice de référence de manière convaincante. Ainsi, l'écart passe de -0,7 % (actions canadiennes) à +1,5 % (actions canadiennes à petite capitalisation). Toujours selon le rendement médian, et s'ils parviennent difficilement à justifier leur raison d'être dans un marché fondamentalement baissier, les gestionnaires vont toutefois apporter une valeur ajoutée lorsque l'horizon couvre une période plus longue, pouvant aller de trois à sept ans. L'écart entre le rendement médian et l'indice de référence passe de +1,6 % (actions américaines) à +7,8 % (actions canadiennes) en ce qui a trait au rendement annualisé sur trois ans. L'intervalle de rendement ayant ces deux catégories d'actif pour borne diminue ensuite pour devenir de +1,5 % à +4,8 % sur quatre ans, de +0,5 % et 4 % sur cinq ans, de -0,8 % à 2,9 % sur sept ans, de -1 % à +1,5 % sur dix ans.

L'enseignement de l'histoire

Toutes observations confondues l'histoire enseigne qu'en moyenne, les gestionnaires de caisse de retraite sont peu efficaces dans les catégories Titres à revenu fixe et Actions américaines, à peine parviennent-ils à coiffer la performance de l'indice de référence. En revanche, ils vont se démarquer dans le segment Actions canadiennes à petite capitalisation, affichant un écart entre la médiane et l'indice de référence pouvant atteindre les 96 %, et afficher une performance erratique dans la catégorie Fonds équilibrés. «Au cours de la dernière décennie les fonds "équilibrés" ont dégagé des résultats irréguliers: cinq années avec des rendements annuels atteignant 13 % et cinq années à moins de 5 %. Il ne semble pas y avoir d'entre-deux. C'est surprenant, on s'attendrait à des rendements plus constants vu la taille et la diversification de ces portefeuilles», a commenté Benchmark.


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