Sharon tient à son «mur»
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Le président Bush contourne ce qu'il décrivait comme un «problème» vendredi dernier

Photo: Agence Reuters
«J'ai expliqué au président l'importance de la clôture et le fait que cela apportera la sécurité qui nous permettra de parvenir à la paix», a indiqué M. Sharon.
M. Bush avait estimé vendredi, en recevant à la Maison-Blanche le premier ministre palestinien Mahmoud Abbas, que cette ligne, qui prend par endroits l'aspect d'un véritable mur, constituait un «problème».
Face à Ariel Sharon, il n'a pas répété ce mot. «Je comprends totalement que la manière la plus efficace de protéger la sécurité d'Israël, tout comme celle des personnes éprises de paix dans les territoires palestiniens, est de s'en prendre à des organisations comme le Hamas et les organisations terroristes qui font en sorte que la paix ne puisse exister. Et, en conséquence, j'espère qu'à long terme la clôture sera inutile», a-t-il déclaré.
L'Autorité palestinienne et le principal mouvement islamiste, Hamas, ont dénoncé les propos d'Ariel Sharon. «Les déclarations de Sharon sont totalement négatives», a déclaré le ministre de l'Information Nabil Amr. Ses «positions constituent un grave obstacle à la mise en oeuvre de la "feuille de route"», un plan de règlement international du conflit israélo-palestinien.
Un haut responsable du Mouvement de la résistance islamique (Hamas), Abdelaziz Rantissi, a affirmé à l'AFP que cela aurait «un impact négatif sur la poursuite de la trêve» de trois mois dans les attaques anti-israéliennes.
La nécessité pour les Palestiniens d'assurer durablement la fin des attentats contre les Israéliens a été à de nombreuses reprises mise en exergue par MM. Bush et Sharon hier. «L'Autorité palestinienne doit entreprendre des opérations soutenues, ciblées et efficaces pour démanteler les capacités terroristes et leurs infrastructures. Nous sommes déterminés à aider le premier ministre Abbas pour lui permettre de mettre fin au terrorisme et d'établir l'État de droit qui protégera les Israéliens comme les Palestiniens», a souligné le président américain.
«Si un calme relatif prévaut actuellement en Israël, la terreur n'a pas complètement cessé», a estimé pour sa part Ariel Sharon, considérant que le répit actuel était essentiellement à mettre au compte des efforts des Israéliens «ainsi que des initiatives prises par les États-Unis auprès des pays arabes et européens».
Il s'agissait de la huitième visite d'Ariel Sharon à la Maison-Blanche depuis début de 2001.
Le président américain a affirmé être «encouragé par les mesures positives» prises par Israël depuis les sommets Charm El-Cheikh (Égypte) et d'Aqaba (Jordanie) début juin et «les mesures qu'Israël a prises depuis pour renforcer la cause de la paix, y compris la libération de prisonniers».
Après avoir relancé le processus de paix entre Israéliens et Palestiniens sitôt la victoire contre Saddam Hussein acquise, M. Bush veut maintenant se poser en arbitre des discussions entre les deux parties.
«Beaucoup de travail difficile reste à faire par les Israéliens, les Palestiniens et leurs voisins. Si nous devons atteindre notre but commun de deux États vivant côte à côte en paix et en sécurité, les dirigeants doivent assumer leurs responsabilités et les premiers ministres assument cette responsabilité», a-t-il souligné hier.

