Le ministre se retire de la campagne au leadership - John Manley avait bâti un réseau intéressant au Québec
Mots clés : leadership

Photo: Agence Reuters
Le conseiller spécial du ministre Manley pour le Québec se félicite que son équipe ait pu mettre sur pied en quelques mois de campagne son organisation québécoise, alors que l'équipe Martin était à pied d'oeuvre depuis belle lurette. «Il y a eu des points de contact pour les cartes de membres dans à peu près tous les comtés du Québec», souligne Jean-Philippe Côté.
L'entourage de M. Manley est cependant prudent quant à une éventuelle participation à une nouvelle course au leadership. «C'est certain que M. Manley s'est davantage fait connaître dans le cadre de cette campagne-là. Qu'est-ce qui arrivera pour l'avenir, il est trop tôt pour le dire», précise M. Côté.
La moitié des nouveaux membres au Québec
Des quelque 43 000 nouveaux membres recrutés par le clan Manley à l'échelle du Canada, 7500 provenaient du Québec. Les partisans du vice-premier ministre estiment qu'il s'agit d'environ la moitié des nouveaux membres recrutés dans la province. Il faut cependant noter que Paul Martin pouvait de son côté compter sur un appui massif des anciens membres. À l'échelle du Canada, le clan Manley évalue qu'il ne pouvait espérer recueillir plus de 20% du suffrage des membres.
L'organisation Manley est, somme toute, heureuse de l'appui recueilli au Québec, alors que le ministre des Finances ne s'est lancé officiellement dans la mêlée qu'en avril dernier. «Pour un ministre anglophone, qui par ailleurs parle très bien français, il a réussi à s'attirer une sympathie et un respect au cours des derniers mois», fait valoir M. Côté.
La récolte s'est toutefois avérée assez maigre pour ce qui est des appuis officiels. Au Québec, seul le ministre de la Justice et responsable du Québec, Martin Cauchon, a ouvertement soutenu la candidature de M. Manley.
Contrairement à la ministre des Ressources humaines, Jane Stewart, qui a affirmé aujourd'hui qu'elle partageait l'analyse de M. Manley et accordait son appui à Paul Martin, Martin Cauchon se donne, quant à lui, un moment de réflexion avant de prendre position.
«Il y a toujours un certain niveau de déception. Quand on décide d'appuyer quelqu'un, c'est d'abord parce qu'on y croit. Mais on ne peut que respecter cette décision», déclare la directrice de cabinet du ministre responsable du Québec, Luce Asselin.
Cette dernière ajoute que le débat aurait mérité d'être plus long, d'autant plus que les candidats n'ont pas encore déposé leur plate-forme aux membres du parti. «Est-ce qu'on peut juger suffisants les six débats à travers le Canada, diffusés le dimanche après-midi ? C'est louable, mais il aurait probablement fallu un peu plus. Mais cela ne veut pas dire que cela ne se fera pas, il y a encore deux candidats dans la course.»
Dans le camp adverse, le bloquiste Bernard Bigras s'étonne de voir M. Manley se ranger si franchement derrière Paul Martin. «C'est un peu paradoxal qu'il ait pu, pendant tant de mois, soulever un débat à l'intérieur du PLC et qu'il dise aujourd'hui que Paul Martin est l'homme de la situation. Mme Copps a certainement quelques défauts, mais elle émet des opinions et elle les tient jusqu'au bout.»
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