Paris-Plage est prise d'assaut

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AP
Édition du lundi 21 juillet 2003

Mots clés : plage

Sur les berges de la Seine: une plage, des parasols et des milliers de Parisiens et de touristes.

Photo: Agence Reuters

Paris -- Les berges de la Seine ont été prises d'assaut dès le début de la matinée hier. En ce premier jour de l'opération «Paris-Plage», les Parisiens étaient au rendez-vous de la promenade balnéaire, ravis de pouvoir enfin mettre les pieds dans le sable.

«J'attendais cela avec impatience, confie Yann, papa de deux petits occupés à faire des pâtés de sable. On part en vacances dans quelques jours, mais on voulait absolument en profiter. Je soutiens l'opération à 100 %». Installée sur un transat, son épouse confirme: «On est Parisiens, et on est très content que nos impôts partent là-dedans plutôt qu'ailleurs.»

Pour cette deuxième édition, les organisateurs ont soigné le décor. À côté des parasols, plages et transats, d'immenses drapeaux bleus flottent dans un air presque marin, des motifs de couleurs au sol font oublier les lignes routières et le décor végétal agencé sur quelques rampes d'accès garantit le dépaysement. Certains s'arrêtent même pour photographier les palmiers, si rares dans la capitale.

«Nous sommes venus à vélo pour découvrir, et le petit adore ça», raconte Luca, 40 ans. Devant le stand des produits dérivés, il craque déjà pour un T-shirt estampillé «Paris-Plage» à 15 euros: «Je trouve l'idée sympa, et puis c'est vendu à prix coûtant. J'espère seulement que je soutiens l'opération en l'achetant.»

Côté organisation, une trentaine de surveillants en T-shirts blancs jalonnent le site, empêchant les chiens de pénétrer sur les plages, veillant à ce que les plagistes ne s'adonnent pas au nudisme et parant à tout accident. «Pour l'instant, il n'y a pas eu de problème. Mais cet après-midi avec l'affluence, il faudra être vigilant», explique Ando, 20 ans.

Et malgré la foule qui arpente les trois kilomètres de plage, l'heure est à la bonne humeur. Le sifflotement d'un cycliste résonne sous le pont au Change, des enfants pieds nus pataugent gaiement autour des brumisateurs, tandis que les prouesses de Yanis, 5 ans, en évolution sur le mur d'escalade, émerveillent les passants.

«C'est bien Yanis, mets ton pied gauche sur la prise verte, puis ton pied droit sur la rouge, voilà, comme un escalier», crie la monitrice en bas. Visiblement à l'aise, Yanis, harnaché de mousquetons et coiffé d'un casque, ne voit pas la foule qui s'est attroupée en bas pour le regarder grimper. Il se hisse jusqu'à la dernière prise et reçoit une flopée d'applaudissements. Les petits regardent, envieux, en attendant leur tour.

Mais d'autres activités passionnent: les bambins se bousculent pour construire leur château de sable, si bien que l'animateur doit déjà refuser des enfants. Les plus vieux s'essaient au roller au niveau du quai Henri IV.

Sur le parvis de l'hôtel de ville, Cédric, 26 ans, organisateur du volley-ball de plage et du badminton enregistrait à 11h une quarantaine de joueurs: «on devrait faire quatre fois mieux d'ici quelques heures», assure-t-il, en rappelant que le terrain de sable avait accueilli 260 000 personnes en 2002.

Dès hier soir, c'est la musique qui devait venir réveiller les dormeurs. Les techniciens de la scène flottante sont déjà à pied d'oeuvre pour un concert en hommage à Django Reinhardt.

La fête ne fait que commencer sur la plage parisienne. Elle devrait durer jusqu'au 17 août. L'an dernier, l'opération avait attiré plus de deux millions de personnes.


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