Hong-Kong - Pékin met en garde les militants politiques

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Reuters
Édition du mercredi 16 juillet 2003

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Hong-Kong -- Le principal représentant du gouvernement central chinois à Hong-Kong a mis en garde hier la population contre le militantisme politique, après que des centaines de milliers de personnes furent descendues dans les rues ces dernières semaines pour dénoncer la politique du gouvernement.

«La ville devrait plutôt se concentrer sur la stabilité», a déclaré Gao Siren, directeur du Bureau de liaison du gouvernement central chinois à Hong-Kong. «Hong-Kong est une ville économique; ce n'est pas une ville politique, a-t-il déclaré à la presse. Si Hong-Kong est surpolitisé, cela sera mauvais pour la stabilité sociale.»

L'une des figures de proue de la contestation à Hong-Kong, le député Lee Cheuk-Yan, avait réfuté hier les accusations de Pékin voulant que le mouvement de démocratisation qui a mobilisé des centaines de milliers de personnes dans les rues ces dernières semaines soit manipulé.

L'éditorialiste du quotidien anglophone China Daily, proche des vues de Pékin, avait accusé la veille le camp démocrate d'exploiter le mécontentement de la population descendue en masse dans les rues le 1er juillet pour une manifestation sans précédent.

«Le journal paraît imputer la présence de chaque protestataire à des incitations du camp de la démocratie, mais nous pensons que les citoyens ont une autonomie de réflexion suffisante pour se faire une idée par eux-mêmes», a déclaré Lee.

Un demi-million de personnes ont défilé le 1er juillet à Hong-Kong pour dénoncer un projet de loi du gouvernement local prochinois visant à réprimer la subversion, estimant que ce texte était le plus dangereux pour les libertés publiques depuis la restitution de la colonie britannique à la Chine, en 1997. Le gouvernement a depuis reculé sur la mise en oeuvre de cette loi, mais le mécontentement ne s'est guère apaisé et deux autres manifestations de masse pour la démocratie ont eu lieu dans l'ancienne colonie britannique, les 9 et 13 juillet.

Les manifestants réclament le départ du chef de la région administrative spéciale de Hong-Kong, Tung Chee-hwa, et l'instauration du suffrage universel -- ce que le China Daily présente comme une tentative déguisée de substituer un régime de type parlementaire à un régime de type exécutif.

Selon Lee, la population exprime simplement sa frustration, et, d'après le journal populaire Apple Daily, «toute accusation voulant que les Hong-Kongais soient manipulés, notamment par des organisations politiques, revient à dire que nos citoyens sont idiots et dépourvus d'indépendance d'esprit et de jugement».


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