François-Albert Angers (1909-2003) - Le Québec perd un défenseur de la nation

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Geneviève Otis-Dionne
Édition du mardi 15 juillet 2003

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François-Albert Angers (1909-2003)

Le mouvement nationaliste québécois a perdu hier un de ses importants pionniers. François-Albert Angers, économiste réputé et personnage fortement engagé dans l'Action nationale, est décédé hier après-midi à l'âge de 94 ans.

«François-Albert Angers était à la fois un scientifique, un chercheur et, en même temps, un homme de convictions, a déclaré hier soir au Devoir le président de la Société Saint-Jean-Baptiste (SSJB), Jean Dorion. Ce qui m'a toujours frappé chez Angers, c'est la force du personnage. Cette force physique s'exprimait par une voix très forte lorsqu'il faisait des discours. Même à un âge très avancé.»

«Le Québec vient de perdre un des grands artisans de la modernité. Un de ses plus grands intellectuels», a ajouté Gilles Rhéaume, un ami de M. Angers et ancien président de la SSJB (1981-1985).

Professeur émérite de l'École des hautes études commerciales (HEC), M. Angers a enseigné l'économie pendant de nombreuses années et «a formé la plupart des économistes du Québec, dont Jacques Parizeau, soutient M. Rhéaume. C'est un des grands artisans de l'enseignement supérieur économique du Québec, qui a écrit de nombreux manuels. M. Angers a dû écrire plus de 5000 articles. C'était l'un des grands intellectuels du Québec».

M. Dorion définit François-Albert Angers comme un homme de principes: «M. Angers était curieusement un personnage tourné vers l'économie appliquée et les affaires. Et, en même temps, il était un homme de principes. Il était loin d'être cynique comme plusieurs hommes d'affaires le sont. Il s'est battu pour les droits du français au Québec et pour l'indépendance.»

M. Angers a été le fondateur et le président du Mouvement Québec français (1972 à 1980). Selon M. Rhéaume, M. Angers est «un des grands défenseurs de la langue française et un des grands initiateurs de la loi 101».

M. Angers a également été l'un des concepteurs et des réalisateurs des États généraux du Canada français avec un autre grand bâtisseur, Rosaire Morin.

De 1969 à 1973, il était de passage à la tête de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal. Il a été le président de la Ligue d'Action nationale (1955-1985) et le directeur de la revue du même nom (1959-1968).

«Des années 1930 aux années 1990, François-Albert Angers a été dans le mouvement nationaliste à l'avant-plan dans toutes les organisations, que ce soit l'Action nationale ou pour le Mouvement Québec français», a déclaré M. Rhéaume.


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