Opinion
Des audiences pour le CHUM
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Nous sommes profondément préoccupés par le sort des centres hospitaliers universitaires de l'université McGill et de l'Université de Montréal. Il s'agit de deux mégaprojets, dont l'un, celui de McGill, est maintenant évalué à 2,2 milliards tandis que celui de l'Université de Montréal dépassera très vraisemblablement 1,5 milliard. Dans la tradition politique des investissements gouvernementaux, cela signifie, une fois ces projets terminés, un coût total de plus de cinq milliards.
Essentiels et cruciaux
Les centres hospitaliers universitaires sont devenus essentiels depuis longtemps et sont cruciaux pour le développement de la médecine de pointe à Montréal par suite de la nécessité de l'intégration entre les facultés de médecine et les hôpitaux universitaires, de la vétusté des hôpitaux universitaires existants (sauf pour l'Hôtel-Dieu de Montréal, où trois pavillons sont en excellente condition) et de l'explosion des progrès technologiques en imagerie, en médecine nucléaire, en techniques opératoires et autres.
En ce qui a trait à McGill, qu'adviendra-t-il de l'intégration faculté-hôpital, des centres de génomique et de protéinomique, actuellement en fin de construction, et de l'intégration de l'Institut neurologique de Montréal, avec son nouveau centre de recherches inauguré il y a à peine un an au coût de 25 millions?
Quant à l'Université de Montréal, qu'adviendra-t-il aussi de l'intégration faculté-hôpital, du pavillon Paul-Desmarais, du centre de recherche en immunologie et sur le cancer? Qu'adviendra-t-il des hôpitaux existants et du coût de leur rénovation, que l'on estime déjà énorme? Que penser de la mise à l'écart de l'Hôtel-Dieu de Montréal, de son emplacement unique face à la montagne, de sa proximité avec l'université McGill, de ses grands terrains actuellement disponibles et de l'excellent état de ses trois pavillons principaux?
Plans séparés
Des plans séparés pour les projets des centres hospitaliers universitaires de McGill et de Montréal sont nécessaires. Ils devront être coordonnés et intégrer les diverses composantes de ces centres faculté-hôpital. Le temps n'est-il pas indiqué de faire une pause et de mettre sur pied une commission d'audiences publiques où toute cette question devenue si complexe serait étudiée en long et en large par tous ceux qui ont intérêt dans le développement de la médecine de pointe à Montréal, la capitale économique et scientifique du Québec, afin d'arriver à un certain consensus et à une vision au moins à moyen terme du développement de la médecine universitaire? Et n'oublions pas le facteur économique de la réorientation et de la rénovation des édifices actuels, qui ne seront pas utilisés à des fins médicales. Évidemment, la nomination de tels commissaires exigera un choix très judicieux, mais ne serait-ce pas là une occasion unique qui ne devrait pas être ratée par le gouvernement actuel?
Paul Cartier, Yves Dagenais, Jacques Duquette, Jacques Genest, Otto Kuchel, François Laramée, René Lefebvre, Gilles Pigeon, Marcel Rheault, Paul Roy, Jean Vézina

