Baisse d'impôts sur les dividendes - Volée de bois vert de Buffett
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Washington -- L'influent investisseur américain Warren Buffett a vertement critiqué la baisse d'impôts sur les dividendes votée la semaine dernière par le Sénat américain dans le cadre d'une réduction d'impôts de 350 milliards de dollars sur dix ans.
Selon le projet de loi adopté par le Sénat, les dividendes touchés par les contribuables seraient exemptés d'impôts à hauteur de 50 % en 2003 et à 100 % de 2004 à 2006. «S'ils sont appliqués, ces changements vont faire pencher un peu plus le schéma fiscal en faveur des riches», estime-t-il en basant son explication sur une comparaison de son cas personnel et de celui de la standardiste de sa holding Berkshire Hathaway.
Dans le cas d'une suppression en 2004 des impôts sur les dividendes, la direction de Berkshire Hathaway pourrait décider de verser un milliard de dollars de dividendes, ce qui représenterait pour M. Buffett un gain de 310 millions puisqu'il détient 31 % des parts de la holding, somme sur laquelle il ne serait pas imposé. Il verrait ainsi son taux d'imposition sur ses revenus baisser à 3 %. En revanche, toujours selon l'exemple décrit par Warren Buffett, la réceptionniste de Berkshire continuerait elle de verser 30 % de ses revenus au fisc, soit un taux dix fois supérieur à celui de l'investisseur.
M. Buffett rejette aussi l'argument avancé par l'administration Bush selon lequel les gains dégagés par la non-imposition des dividendes favoriseront l'investissement et donc relanceront l'économie et créeront des emplois. «Ils oublient de dire que si Berkshire gardait cet argent [au lieu de verser des dividendes], il investirait de toute façon la même somme et créerait ainsi des emplois», souligne Warren Buffett.
«Si le gouvernement donnait 1000 $US à 310 000 familles qui en ont un besoin urgent, cela aurait un effet stimulant bien plus important pour l'économie que de me donner ces 310 millions de dollars à moi», ajoute-t-il.

