Montréal - Rabinowitch et Golden au Musée d'art contemporain

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Jessica Nadeau
Édition du samedi 10 et du dimanche 11 mai 2003

Mots clés :

L'été sera bien rempli au Musée d'arts contemporains de Montréal avec des expositions temporaires comme Peinture en liberté, des rétrospectives sur Nan Golden, une artiste en résidence, et David Rabinowitch, des installations sonores et vidéo d'invités de la Bavière et des activités liées au Festival de théâtre des Amériques et au Festival de jazz.

Depuis déjà deux semaines et jusqu'au 5 octobre, les visiteurs peuvent admirer l'oeuvre de David Rabinowitch, un sculpteur canadien installé à New York depuis 1972. Il s'agit d'une première manifestation solo d'envergure au Canada pour cet artiste. L'exposition, réalisée en collaboration avec le Musée des beaux-arts du Canada, regroupe des sculptures de 1960 à 1995.

«Ce sont des sculptures en métal avec beaucoup de dessins, mentionne la conservatrice en chef du musée, Paulette Gagnon. Il y a des oeuvres suspendues et surtout au sol, car il conjugue le contraste de la gravité et de la perspective.» Les sculptures, à tendance géométrique, s'inscrivent dans une volonté de compression de la verticalité au profit de l'horizontalité. «Des séries comme Construction of vision, entreprise en 1979, sont des cycles de dessins très minimaux.»

Peinture en liberté

Le 16 mai, le musée ouvre une exposition à partir de sa collection. Elle s'intitule Peinture en liberté -- perspective sur les années 1990. «Il s'agit de peintures d'artistes de notre collection acquises au cours de la dernière décennie», précise la directrice. Douze tableaux de douze artistes différents seront exposés. Nous y retrouverons notamment des oeuvres de Sylvie Bouchard, François Lacasse, Sylvain Bouthillet, Francine Savard, Stéphane Larue, Pierre Dorion et Michel Daigneault. Cette exposition sera présentée dans la salle Banque Laurentienne.

Nan Golden

Nan Golden est une artiste américaine vivant à Paris. Le musée présente, du 22 mai au 7 septembre, un coup d'oeil rétrospectif sur son travail avec une centaine de photographies réalisées depuis 1973. Deux diaporamas sonores, présentés comme des journaux photographiques, ajoutent au charme de l'exposition. «Nan Golden, qui a commencé à faire de la photo à l'âge de 16 ans, a vécu à New York, Londres, Berlin, Tokyo, Bangkok et Paris. Elle est considérée comme l'une des photographes les plus influentes auprès des nouvelles générations d'artistes.»

Ses photographies sont prises sur le vif, surtout des portraits et autoportraits. Elle fige sur pellicule son entourage dans des intérieurs, des chambres d'hôtel, des appartements ou des boîtes de nuit. Ses premières oeuvres sont des séries de drag queens, milieu qu'elle fréquentait. «C'est un travail où l'on sent beaucoup la souffrance, la vulnérabilité de l'être, car il y a des photographies très dures», prévient Paulette Gagnon.

À partir des années 1990, Nan Golden s'intéresse aux paysages et aux natures mortes, ce qui donne à son oeuvre un côté très pictural proche de la peinture. «C'est beaucoup plus serein à partir des années 1990, parce que tous les amis qu'elle fréquentait dans les années 1970 sont morts du sida ou de surdoses. Après cette période difficile, elle s'est entourée de gens qui ont une vie moins dure et ça transparaît dans son oeuvre.» Le musée présente également un film qu'elle a coréalisé avec la BBC sur sa vie et son travail.

Événements

Chaque année, le MACM accueille dans ses locaux une artiste en résidence de création pour l'été. L'artiste choisie cette année est la chorégraphe Danielle Desnoyers. Impossible d'en savoir plus sur l'oeuvre, la directrice elle-même l'ignore. Le résultat final sera présenté en septembre au musée. On prévoit une rencontre avec le public pendant la résidence.

Du 14 au 25 mai, le musée présente M + M, le travail de deux artistes inscrits dans l'événement spécial de la Bavière au Québec. Les deux artistes allemands, Marc Weiss et Martin Desmatia, travaillent et vivent à Munich. Ils feront voir une installation vidéo sonore particulière: «Ce sont six films projetés en synchronisation sur six écrans géants différents. Ils racontent en six dialogues la même histoire qui se développe selon un fil narratif.» Les dialogues sont en allemand, sous-titrés simultanément en français et anglais.

Un peu plus tard, dans le cadre de la dixième édition du Festival de théâtre des Amériques, le MACM présente, du 29 mai au 2 juin, L'Éden cinéma de Marguerite Duras, dans une mise en scène de Brigitte Haentjens.

Enfin, dans le cadre du Festival de jazz du 26 juin au 6 juillet, une série de jazz contemporain se tiendra au musée. La programmation est à venir.


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