Conflit de la pêche au crabe - 3000 emplois en usines sont menacés

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PC
Édition du mardi 06 mai 2003

Mots clés : crabe

Ottawa -- Furieux contre Ottawa, les pêcheurs de crabe des Maritimes et du Québec ont décidé hier de boycotter l'ouverture de la saison, ce qui pourrait mettre au chômage plus de 3000 travailleurs d'usine.

La menace survient au lendemain d'un week-end de manifestations violentes, au cours desquelles un groupe de pêcheurs a mis le feu à quatre bateaux de pêche et à deux usines de transformation à Shippagan, dans la péninsule acadienne. Les dommages sont évalués à plusieurs millions de dollars.

Les pêcheurs se soulèvent contre la décision du ministre fédéral des Pêches, Robert Thibault, de réduire de 22 000 à 17 000 tonnes le quota régional de crabe des neiges pour l'année.

Mais ils sont aussi mécontents qu'Ottawa ait choisi d'attribuer des quotas de pêche permanents -- 15 % du total -- à des pêcheurs de poisson de fond et à des autochtones. Jusqu'ici, ces pêcheurs n'avaient droit qu'à des permis temporaires, renouvelables chaque année.

«Finalement la décision du ministre revient à sabrer de 40 à 50 % le quota que les pêcheurs ont eu ces dernières années», a soutenu un porte-parole de l'Association des crabiers acadiens, Robert Haché.

Dans le but d'apaiser les tensions, le ministre Thibault a pris la peine de s'adresser deux fois aux médias, hier à Ottawa.

«Je demande aux gens de rester calmes [...] afin qu'on puisse, je l'espère, avoir des discussions raisonnables, a-t-il déclaré. Les crabiers sont au courant de ma position et de la possibilité dont je dispose de hausser, sans risque, les allocations d'environ 4000 tonnes.»

Le Bloc québécois a réagi avec étonnement à cette déclaration.

«Si le ministre avait cette marge de manoeuvre, pourquoi n'en a-t-il pas parlé au moment de l'annonce de la réduction des quotas, la semaine dernière?», a demandé le critique bloquiste en matière de pêches, Jean-Yves Roy.

Robert Haché a néanmoins vu dans l'offre fédérale une possibilité d'entamer des pourparlers. «C'est une ouverture pour des discussions et des négociations», a-t-il affirmé, en estimant toutefois que la proposition visait d'abord, selon lui, à amadouer les pêcheurs.

Le premier ministre du Nouveau-Brunswick, Bernard Lord, s'est réjoui de la flexibilité montrée par Robert Thibault, mais il a critiqué la manière de procéder du gouvernement fédéral dans le dossier.

«Le ministre des Pêches a rendu public son plan à cinq heures vendredi, puis il est rentré à la maison, a souligné M. Lord. [...] Il doit y avoir une meilleure façon d'informer les gens de ce qui va se passer.»

Quant aux pêcheurs autochtones, dont les embarcations ont été visées par les vandales, samedi, ils ont dit espérer ne pas subir d'autres représailles.

La pêche au crabe est une industrie de plus de 100 millions dans les Maritimes et dans l'est du Québec. C'est une pêche coûteuse, mais fort rentable pour les 200 pêcheurs «traditionnels» qui en font le métier.


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