Nommé au poste de ministre de la Santé - Couillard est bien reçu

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Isabelle Paré
Édition du mercredi 30 avril 2003

Mots clés : assermentation

«C'est une bonne chose pour les médecins, mais aussi pour tous ceux qui travaillent dans le réseau»

Philippe Couillard, lors de son assermentation: pressenti pour occuper le poste.

Photo: Jacques Nadeau

Le milieu de la santé a accueilli favorablement hier la nomination d'un des siens au poste de ministre de la Santé, convaincu que la présence du Dr Philippe Couillard aux commandes du réseau permettra de remettre les services de santé sur la bonne voie.

L'entrée au conseil des ministres du neuro-chirurgien de 46 ans n'avait rien d'une surprise pour le milieu, puisque le candidat libéral était pressenti pour occuper ce poste dès son recrutement par l'équipe libérale l'hiver dernier. «Ce n'est pas une surprise, mais d'entrée de jeu, on sait que c'est quelqu'un qui connaît le réseau et qui sera branché sur ce qui se passe sur le terrain», a dit hier Jeannie Skene, la présidente de la puissante Fédération des infirmières et infirmiers du Québec (FIIQ).

En effet, le nouveau ministre de la Santé était jusqu'à tout récemment chef du département de neuro-chirurgie du Centre hospitalier universitaire de Sherbrooke (CHUS). Il a aussi travaillé en Arabie Saoudite de 1995 à 1999, où il a contribué à fonder le département de chirurgie de l'hôpital de Dharhan. À 32 ans, il avait aussi été nommé chef du département de neuro-chirurgie de l'hôpital Saint-Luc.

Mme Skene espère que la connaissance aiguë des problèmes du réseau du nouveau ministre lui permettra de se mettre rapidement au boulot pour redonner au système sa vitesse de croisière.

Cependant, les infirmières entendent surveiller de près les actions du gouvernement libéral, qui a promis l'abolition des régies régionales et une décentralisation importante des décisions en santé. Selon la FIIQ, il faudra éviter de faire table rase de tout ce qui existe et d'enlever cette importante voix au chapitre à la population des régions.

L'Association des hôpitaux (AHQ), qui s'est souvent colletée avec le gouvernement péquiste sur la question des déficits, s'est montrée elle aussi fort rassurée de l'entrée en piste d'un médecin, parfaitement au courant des problèmes concrets que vivent au quotidien les hôpitaux. Selon le président de l'AHQ, Daniel Adam, le ministre Couillard devra s'attarder en priorité aux listes d'attente, à la relève des professionnels du réseau et au financement. «On sait que le sous-financement est au coeur de tous les problèmes et que le PLQ s'est engagé à investir plus. Les déficits de fonctionnement sont très liés à cet état de sous-indexation chronique», a soutenu le porte-parole de l'AHQ. Les hôpitaux, dont les déficits cumulés ont atteint près de 650 millions au cours des trois dernières années, espèrent voir leurs budgets indexés de 6,2 % par année.

Les médecins, qui ont vécu une partie de bras de fer avec le ministre de la Santé précédent, François Legault, se montrent eux aussi plus que ravis de l'arrivée d'un collègue aux commandes. «C'est une bonne chose pour les médecins, mais aussi pour tous ceux qui travaillent dans le réseau, car le ministre comprendra leur situation. Avec toutes les promesses qui ont été faites en santé, on souhaite qu'il se mette rapidement à l'oeuvre pour réduire les listes d'attente et pour lever les plafonds imposés à plusieurs spécialistes», a souligné hier le Dr Yves Dugré, président de la Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ).

Les médecins omnipraticiens, échaudés par la succession de quatre ministres en huit ans, espèrent que ce nouveau ministre restera en poste plusieurs années et le mettent en garde contre des réformes précipitées. «On veut que ce qui a été amorcé avec les groupes de médecine familiale [GMF] se poursuive», affirme le président de la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ), le Dr Renald Dutil, qui espère aussi que la priorité accordée aux services médicaux de première ligne sera maintenue. «Quand on parle d'abolir les régies et les départements régionaux de médecine générale [DRMG], il faut faire attention de ne pas tout balayer du revers de la main», ajoute ce dernier.

L'Association des CLSC et des CHSLD, qui avait été choyée par des investissements de plus de 500 millions annoncés en février par Bernard Landry, a quant à elle offert son entière collaboration au nouveau ministre. Compte tenu des engagements pris par le PLQ, les CLSC se montrent peu inquiets concernant l'intention des libéraux d'améliorer les services de première ligne en CLSC. «Pour nous, ce mouvement vers la première ligne est général et a été recommandé par toutes les commissions d'étude, que ce soit la commission Romanow ou la commission Clair. Nous ne craignons pas que cela soit remis en question», a indiqué hier la présidente de cette association, Andrée Gendron.


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Et les Centres Jeunesse? - par Jean-Noel Morin (njnmorin@nt.net)
Le mercredi 30 avril 2003 08:00

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