Opinion
Lettres: De la fatigue culturelle à la fatigue constitutionnelle
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Comme le rapportait Robert Dutrisac dans Le Devoir du lendemain de la victoire du Parti libéral, «dans son discours victorieux, Jean Charest s'est engagé hier à employer le leadership du Québec pour faire du Canada un pays plus fort». À mon avis, ceci se situe dans la droite ligne d'un Trudeau, qui disait qu'une autre option que de suivre les incantations des séparatistes était celle d'être les meilleurs. En regard du Canada, disait-il encore, «si l'État canadien a fait si peu de place à la nationalité canadienne-française, c'est surtout parce que nous ne nous sommes pas rendus indispensables à la poursuite de sa destinée».
Quel changement, donc, par rapport à Charest, qui dit: «Le leadership fait la différence. Le leadership du Québec fera du Canada un endroit plus fort»? Et quand il ajoute qu'en vertu de sa nomination comme premier ministre, ce n'est pas seulement le Québec qui change mais aussi le Canada, on est en droit de lui demander en quoi le Canada change-t-il à la suite de l'élection d'un parti «provincial»? Le Canada sait bien se débrouiller seul. Il le fait tout le temps, ou presque. D'ailleurs, historiquement, les députés libéraux du Québec à Ottawa ont toujours été là pour imposer au Québec les volontés de la majorité canadienne.
Non: de la fatigue culturelle des Canadiens français de l'époque Trudeau à la fatigue constitutionnelle des Québécois avec Charest, s'il y a changement, c'est le changement dans la continuité.

