Opinion

Lettres: Les deux chanoines Groulx de Gérard Bouchard

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Roger Drouin, Le 6 avril 2003

Édition du mercredi 16 avril 2003

Mots clés :

Il me semble que pour bien comprendre les contradictions dans l'oeuvre de Lionel Groulx, il faille faire appel à ses ascendances ou allégeances. On pourrait parler, chez Groulx, d'ascendances religieuse, intellectuelle et linguistique, cette dernière pouvant se diviser en deux: la France et la langue française. Les enseignements de l'Église catholique avaient la priorité. Dans les champs laissés libres par l'Église, Groulx défendait la langue et la civilisation françaises, par ricochet la France. Si l'État devenait trop laïque, son ascendance religieuse l'obligeait à le combattre. Évidemment, il défendait la foi et la langue française au Québec.

Il me semble donc que pour bien comprendre Groulx, il faille connaître les prises de position de l'Église catholique dans la majeure partie du XXe siècle, les grandes batailles intellectuelles de la même époque et aussi l'histoire de la langue française au Québec combinée à la culture catholique (enseignements des évêques).

Un peu d'histoire au sujet du chanoine. J'ai entendu dire qu'un groupe élabore un film sur Groulx à partir de la thèse d'Esther Delisle. En anglais à part ça. Mais Bouchard, chercheur on ne peut plus sérieux, a été contraint de dévoiler, sans le rechercher directement, les nombreuses erreurs dans la thèse dite doctorale de Delisle: sur 57 renvois de Delisle, 28 sont inexacts et 23 sont factices. Les thèses de doctorat deviennent-elles des farces?

Je pense que Gérard Bouchard prend une place de plus en plus importante dans notre univers intellectuel au Québec. Une belle famille que ces Bouchard.


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