COUP DE VENT LIBÉRAL

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Josée Boileau
Édition du mardi 15 avril 2003

Mots clés : plq, charest

Charest à la tête d'un gouvernement majoritaire

Pressentant sa victoire, Jean Charest était radieux lorsqu'il a voté dans Sherbrooke hier. Le chef du Parti libéral a été élu hier soir à la tête d'un gouvernement majoritaire.

Photo: Patrick Sanfaçon

La campagne qui annonçait une lutte serrée s'est finalement terminée sans suspens. Dès 21h10, Radio-Canada prévoyait que le Parti libéral du Québec formerait un gouvernement majoritaire. Mais ce n'était même plus une surprise tant les sondages de la dernière semaine témoignaient de la remontée libérale au terme d'un mois qui a connu sa part de revirements de situation.

Au moment de mettre sous presse, les libéraux dominaient dans 71 circonscriptions, contre 49 pour le Parti québécois et quatre pour l'Action démocratique du Québec. Les libéraux récoltaient 45 % des voix contre 34 % pour les péquistes et 19 % pour les adéquistes, reflet des plus récents sondages de la fin de semaine.

Mario Dumont a été le premier chef à être déclaré réélu dans la circonscription de Rivière-du-Loup, ce qui n'était pas une surprise. Vers 21h30, c'était au tour du chef du Parti québécois et ex-premier ministre Bernard Landry d'être déclaré élu dans Verchères.

La course n'a pas été facile par contre pour le chef libéral Jean Charest dans Sherbrooke. Il venait finalement d'être réélu devant la péquiste Marie Malavoy, vice-présidente du PQ et son adversaire de 1998, au moment d'écrire ces lignes.

Le libéral Lawrence S. Bergman, dans D'Arcy-McGee, a été le premier candidat déclaré élu, une demi-heure après la fermeture des bureaux de vote. Aux élections de 1998, M. Bergman avait raflé 90 % du vote, soit le plus gros pourcentage obtenu par un élu.

Cinq minutes plus tard, deux candidats du Parti québécois étaient déclarés élus, soit Stéphan Tremblay dans Lac-Saint-Jean, qui l'avait emporté lors de la partielle de juin 2002, et le ministre de l'Agriculture Maxime Arseneau, aux Îles-de-la-Madeleine, qu'on disait assuré d'une réélection même s'il n'avait obtenu que 588 voix de majorité en 1988.

Porteur de tous les espoirs en début de campagne, l'Action démocratique du Québec semblait en voie de l'emporter dans seulement quatre circonscriptions au moment de mettre sous presse, notamment dans Rouyn-Noranda-Témiscamingue, où l'ex-bloquiste Pierre Brien dominait l'ancien ministre Rémy Trudel. Par contre, la candidate-vedette et économiste Diane Bellemare a été battue dans Blainville par l'ex-ministre péquiste Richard Legendre.

De même, l'ex-maire Pierre Bourque, dans Bourget, a été battu par l'ex-ministre péquiste Diane Lemieux.

De plus, l'ex-maire Hubert Meilleur, dans le comté de Mirabel, et surtout Marie Grégoire, fondatrice de l'ADQ et pilier du parti élue aux partielles de l'an dernier dans Berthier, tiraient de l'arrière. De même, Sylvie Lespérance, elle aussi élue lors des partielles de l'an dernier pour l'ADQ dans Joliette, se retrouvait hier soir au troisième rang. Il faut dire que l'ancien député péquiste du comté, Guy Chevrette, avait mis tout son poids dans la bataille pour que le candidat du PQ, Jonathan Valois, l'emporte.

Des forteresses libérales comme Jacques-Cartier et Nelligan, sur l'île de Montréal, ou Gatineau et Pontiac, près de la frontière ontarienne, ont rapidement été données gagnantes pour le PLQ. Mais on a aussi vu la réélection rapide de la libérale Marie Normandeau qui ne l'avait emporté que par 160 voix en 1998 dans le comté de Bonaventure.

Des vedettes du PLQ comme Pierre Paradis et Monique Jérôme-Forget ont aussi été élus sans problèmes. À l'inverse, des ex-ministres péquistes, comme Sylvain Simard et Louise Beaudoin, semblaient en difficulté. Par contre, les Rosaire Bertrand, André Boulerice et François Legault, ex-ministre de la Santé, ont été réélus.

La course a été moins exaltante que prévu dans des comtés pourtant désignés comme chauds, comme le comté montréalais de Mercier, qui couvre le Plateau Mont-Royal et où certains s'étaient presque mis à croire à une victoire possible d'Amir Khadir, le très médiatique candidat de l'Union des forces progressistes. Et un comté comme Louis-Hébert, qui avait autrefois élu le péquiste Paul Bégin, est passé aux mains du PLQ. Le PQ et l'ADQ y avaient pourtant envoyé des vedettes.

La nouvelle carte électorale a modifié les limites de 86 circonscriptions, ce qui aurait changé les résultats électoraux dans quelques-unes d'entre elles si cette carte avait été en application lors des élections de 1998.

À la dissolution de l'Assemblée nationale, le 12 mars dernier, le gouvernement péquiste comptait 67 sièges, le PLQ 50, l'ADQ 5 et on trouvait un siège vacant et deux députés indépendants. En 1998, le PQ avait fait élire 76 députés, les libéraux 48 et Mario Dumont avait remporté l'unique siège de l'ADQ. Ce sont les élections partielles de l'an dernier qui avaient donné au chef adéquiste quatre nouveaux compagnons.

Le taux de participation avait été de 78,3 % en 1998. On s'attendait à ce qu'il soit du même niveau cette année mais selon les premières données, il semblerait qu'il ait été moins élevé que prévu. Au total, quelque 5,5 millions de Québécois pouvaient voter. Plus de 304 400 électeurs se sont prévalus de leur droit lors du vote par anticipation des 6 et 7 avril.


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