Pneumonie atypique - Une trentaine de membres d'une communauté religieuse de Toronto infectées

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Édition du mardi 15 avril 2003

Mots clés : sras, pneumonie

La recherche sur la maladie progresse toutefois à un bon rythmeHelen Branswell et Wojtek Dabrowski

Toronto -- La ville de Toronto n'en a pas fini avec le syndrome respiratoire aigu sévère, ou SRAS. Les autorités ont annoncé hier soir la découverte d'un tout nouveau foyer de la maladie dans une communauté religieuse qui a été infectée lors des obsèques d'une personne atteinte de la maladie il y a deux semaines.

«Vingt-neuf membres de cette communauté seraient infectés du SRAS, a déclaré le médecin chef de Toronto, le Dr Sheela Basur. Dix cas sont considérés comme probables et 19 autres comme suspects. En outre, deux personnes ont été infectées par un médecin, ce qui veut dire que le nombre total de nouveaux cas est de 31.»

Le nom de la communauté religieuse en question n'a pas été rendu public.

La recheche

Sur un autre plan, la recherche sur cette nouvelle maladie continue d'avancer à un train d'enfer.

Le Centre de contrôle des maladies infectieuses américain basé à Atlanta a affiché à son tour hier sur Internet le portrait génétique du virus suspecté d'être à l'origine du SRAS. Un laboratoire de Vancouver, le Michael Smith Genome Sciences Centre, avait été le premier au monde à le faire samedi.

Le SRAS, qui a déjà fait 13 morts au Canada et au moins 144 dans le monde, serait causé par un coronavirus.

Les responsables des deux laboratoires impliqués ont indiqué que les deux séquences du virus étudiées étaient pratiquement semblables. La séquence génétique canadienne provenait de la seconde personne à mourir de la maladie au pays alors que la séquence américaine avait été prélevée sur un patient asiatique. Selon les spécialistes, les différences mineures entre les deux peuvent être imputées à des «erreurs de séquences habituelles».

«Les résultats préliminaires indiquent que ces séquences sont essentiellement semblables pour ne pas dire identiques», a expliqué le Dr Marco Marra, directeur du centre canadien.

Le Dr Marra et ses collègues, ainsi que des représentants du Centre de contrôle des maladies infectieuses de Colombie-Britannique et du Laboratoire national de microbiologie de Santé Canada ont donné une conférence de presse hier afin d'expliquer davantage les résultats de leurs recherches.

Pour les scientifiques canadiens et américains, le décodage de la séquence génétique du virus aidera à lutter contre le SRAS à plusieurs niveaux, notamment avec la mise au point d'outils de diagnostic rapides qui permettront de détecter la présence du coronavirus.

En fait, une compagnie allemande a annoncé hier la mise au point d'un test de dépistage du SRAS et on peut s'attendre à l'apparition prochaine d'autres tests, a indiqué hier la directrice du centre américain, Julie Gerberding. Le directeur médical du Centre de contrôle des maladies infectieuses de Colombie-Britannique, Robert Brunham, affirme que son groupe devrait également mettre au point un test d'ici une semaine, avec la collaboration du Laboratoire national de microbiologie à Winnipeg.

L'origine toujours inconnue

Malgré l'étonnante rapidité du décodage du virus, personne ne sait encore d'où il provient. Les experts du monde entier espéraient que le séquençage du code leur donnerait des indications sur l'origine du virus, mais ni les travaux effectués au Canada, ni ceux annoncés hier aux États-Unis ne donnent d'indications claires sur le fait que le virus soit une mutation d'un coronavirus qui attaque le bétail, les souris ou tout autre animal.

«On ne peut pas dire que ça vient d'une souris, d'un porc ou de quelque autre animal que ce soit, puisqu'il ne ressemble pas suffisamment aux virus connus pour en arriver à cette conclusion», d'expliquer Mme Gerberding.

Mais ce mystère pourrait être résolu prochainement, estime le Dr Caroline Astell, directrice de la recherche canadienne. Une équipe de l'Organisation mondiale de la santé est actuellement en Chine, où sont apparus les tout premiers cas de SRAS, expressément pour recueillir des échantillons sanguins de bétail.

Les nouveaux tests de dépistage du coronavirus devraient justement permettre d'analyser ces échantillons de sang pour voir si le bétail chinois est effectivement à la source de la maladie.


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