Michael Capellas remporte son pari - WorldCom commence une nouvelle vie

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AFP
Édition du mardi 15 avril 2003

Mots clés : worldcom

New York -- Le groupe de télécommunications WorldCom, au centre d'un énorme scandale financier l'an dernier, va sortir de la plus grande faillite de l'histoire américaine avec un nouveau nom, MCI, et surtout une dette largement réduite, ce qui inquiète ses concurrents.

Michael Capellas, l'ancien patron du constructeur informatique Compaq, a donc tenu sa promesse de publier au plus tard le 15 avril son plan de réorganisation du groupe, construit à coup de milliards de dollars en quelque 70 acquisitions par son prédécesseur Bernie Ebbers.

Le numéro deux de la téléphonie longue distance aux États-Unis pourrait maintenant sortir de la faillite dès le mois de septembre, selon le Wall Street Journal.

WorldCom, qui a pris le nom de sa filiale MCI pour faire oublier le passé, a annoncé hier l'approbation par un groupe de créanciers représentant 90 % de la dette du groupe de son nouveau plan de désendettement présenté à un tribunal de New York. Ce plan prévoit une restructuration du capital de WorldCom qui se traduira, dans le nouveau bilan, par une dette nette comprise entre 3,5 et 4,5 milliards $US, selon un communiqué.

C'est une fraction de la dette de 30 milliards affichée fin mars, selon l'agence Standard and Poor's. Et cela donne un avantage à MCI par rapport à ses concurrents américains comme AT&T et les opérateurs régionaux nés de l'éclatement du monopole téléphonique, connus sous le nom de Baby Bells.

L'argument des critiques, c'est que finalement WorldCom est récompensé pour ses fraudes.

M. Capellas acquiesce. «Notre entreprise [...] a démontré son engagement à sortir de la faillite plus tard cette année comme un concurrent plus agile et plus fort», a-t-il dit. Les analystes jugent néanmoins que bien qu'allégé -- un plan de réduction des coûts de 2,5 milliards est en cours et 22 000 emplois ont été supprimés depuis la mise en faillite en juillet 2002 -- MCI n'est pas tiré d'affaires dans un secteur où la compétition acharnée pèse sur les prix.

Hier héros du boom des télécoms, Bernie Ebbers est aujourd'hui soupçonné d'avoir couvert les malversations, si l'on en croit un rapport interne dont l'existence a été révélée par le Wall Street Journal à la mi-mars. M. Ebbers, ancien prof de gym devenu milliardaire, n'a pas été inculpé par la justice contrairement à l'ancien directeur financier du groupe, Scott Sullivan, et quatre autres cadres. Le procès de M. Sullivan devrait s'ouvrir à l'automne.

Au total, ce sont quelque 11 milliards en malversations comptables qui ont été dévoilées l'année dernière. Elles ont permis à WorldCom de masquer l'état réel de ses affaires.

WorldCom est désormais l'un des symboles de la vague de scandales qui s'est abattue sur le monde des affaires américain depuis la chute du courtier en énergie Enron fin 2001.

En janvier, Michael Capellas avait lancé un plan de 100 jours pour améliorer les mesures de bonne gouvernance et réorganiser son comité de direction.

MCI opère dans 65 pays et emploie 58 000 personnes dans le monde dont 6500 dans la région Europe, Moyen-Orient, Afrique, où le groupe réalise trois milliards $US de chiffre d'affaires par an, soit environ 12,5 % du total.

Michael Capellas a rappelé hier que les activités européennes «restent vitales» pour l'entreprise dans sa globalité, selon MCI France. Des rumeurs d'abandon de la partie européenne des activités avaient circulé au plus fort des soubresauts.

L'entreprise a également déplacé son quartier-général de Clinton, dans le Mississippi, à Ashburn, en Virginie, et trouvé un nouveau directeur financier, Robert Blakely.


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