Marchés boursiers - Place aux estimations des coûts de la guerre

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Reuters
Édition du lundi 07 avril 2003

Mots clés :

Les chiffres de la consommation fourniront des indications sur l'effet des combats sur l'économie américaine

Outre l'effet économique immédiat de la guerre, les marchés s'inquiètent aussi du coût massif à long terme de la reconstruction de l'Irak.

Photo: Agence Reuters

Londres -- Les marchés évalueront cette semaine les possibles conséquences de la guerre menée par les États-Unis en Irak avant même la fin des combats. La consommation des ménages et les ventes au détail fourniront des indications sur les effets réels de la guerre sur l'économie américaine.

La semaine dernière, les indicateurs de la production et des services ont montré que les économies européennes pâtissaient de la guerre, tandis que la confiance des consommateurs américains a touché son plus bas en 40 ans au moment où des soldats américains combattent dans le Golfe.

«L'évolution en Irak sera le principal moteur des marchés, estime Philip Shaw, chef économiste chez Investec. Aux États-Unis, il ne se passera pas grand-chose avant vendredi, lorsqu'on aura la publication des ventes au détail et de l'indice préliminaire de confiance du consommateur de l'université du Michigan pour avril».

Outre l'effet économique immédiat de la guerre, les marchés s'inquiètent aussi du coût massif à long terme de la reconstruction de l'Irak.

Lors de la réunion des ministres des Finances du Groupe des Sept à Washington le week-end prochain, les États-Unis vont probablement demander aux autres membres de payer une partie de la facture. Washington a assumé pour l'instant la plus grande part du coût de la guerre lancée à sa demande avec seulement quelques alliés. Mais les marchés craignent que les contribuables américains ne doivent également financer la reconstruction de l'Irak, plusieurs membres du G7 étant opposés à la guerre -- en particulier la France et l'Allemagne.

Les investisseurs redoutent en outre que les coûts alourdissent encore les déficits jumeaux, courant et budgétaire, pesant sur les performances de l'économie américaine qui sont cruciales pour les exportations mondiales.

Le secrétaire américain au Trésor, John Snow, a déclaré jeudi dernier qu'il s'attendait à ce que les ministres consacrent une bonne partie des discussions au partage du coût de la reconstruction.

«On ne sait pas quel sera l'impact sur la sphère financière des différends entre les États-Unis et une partie de leurs alliés. La dernière réunion du G7 n'a pas débouché sur grand-chose», note Lewis.

Snow doit également s'exprimer lors de la réunion annuelle de l'Association du marché obligataire à New York jeudi.



Détérioration de la confiance

Les consommateurs américains ont longtemps été considérés comme contrebalançant la détérioration du moral des entrepreneurs, mais des récentes statistiques laissent à penser qu'il ne faut plus nécessairement compter sur la consommation pour soutenir la croissance américaine, alors que les inquiétudes liées à la guerre limitent la propension des Américains à acheter.

La confiance des consommateurs américains a touché son plus bas niveau en près de dix ans début mars, mais s'est améliorée à la mi-mars dans l'espoir initial d'une guerre rapide et victorieuse.

Depuis, l'offensive menée par les États-Unis en Irak a démenti les prévisions optimistes d'un conflit limité à une semaine que les marchés avaient espéré. Ces derniers jours cependant, alors que la guerre est entrée dans sa troisième semaine, les investisseurs haussiers sur le dollar ont repris espoir en voyant les troupes américaines s'approcher de Bagdad, se positionnant pour une bataille qui pourrait s'avérer décisive.


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