Après le déficit de 2,2 millions à Sydney - Les Jeux gay de Montréal devront voir plus petit
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La Fédération des jeux gay juge trop ambitieux les objectifs de 24 000 athlètes et de 250 000 visiteurs

Dans les coulisses, la partie a été moins facile. Avant le coup d'envoi, les organisateurs envisageaient déjà des pertes financières et avaient même songé à annuler l'événement compte tenu du manque de liquidités. Les jeux ont finalement eu lieu, mais, pour les organisateurs, l'aventure s'est soldée par un déficit de près de 2,2 millions de dollars.
Ce n'était pas la première fois que les Jeux gay, fondés en 1982, affichaient des bilans financiers négatifs. En 1994, les organisateurs des Jeux gay de New York avaient dû composer avec un déficit d'un million de dollars. Une campagne de financement permettant de réduire la dette de moitié n'avait pas empêché l'organisation de faire faillite. En 1998, la municipalité d'Amsterdam avait volé au secours des Jeux en injectant 3,6 millions de dollars afin d'assurer la tenue de l'événement.
Pas à Montréal
La Fédération des jeux gay n'a pas envie que l'histoire se répète à Montréal. Elle a donc demandé au comité organisateur de Montréal 2006 d'être prudent dans ses prévisions budgétaires et de renoncer à voir trop grand. Elle a jugé que les objectifs optimistes de 24 000 athlètes et de 250 000 visiteurs attendus étaient un peu trop ambitieux.
Le comité organisateur de Montréal 2006 a accepté de revoir ses prévisions à la baisse et a élaboré un budget en tenant compte d'un nombre minimal de participants, soit 15 000 athlètes. «Nous devons surtout essayer de contrecarrer cette idée que "the bigger the better". Ce n'est pas la taille ni le nombre de participants qui font le succès des Jeux», indique Roberto Mantaci, coprésident de la Fédération des jeux gay, de son bureau de Paris.
Louise Roy, directrice générale du comité organisateur de Montréal 2006, est tout à fait d'accord avec l'idée de s'en tenir à un scénario prudent quitte à revoir le budget à la hausse plus tard. Selon elle toutefois, le contexte des Jeux de Montréal est bien différent. Alors qu'en Australie, le comité ne disposait que de deux ans pour planifier l'événement, à Montréal, on s'affaire depuis six mois à la préparation du montage financier. Et l'erreur de Sydney, dit-elle, c'est d'avoir misé principalement sur les revenus des inscriptions et des fêtes organisées parallèlement aux compétitions sportives pour financer l'événement. Les athlètes sont venus moins nombreux qu'on ne le prévoyait et les soirées n'ont pas généré les profits escomptés.
Diversifier les sources
Afin de minimiser les risques, le comité montréalais entend diversifier les sources de financement en partageant l'assiette de revenus (de 20 millions dans le plan initial) entre l'aide gouvernementale (14,5 %), les frais d'inscription (18,5 %), la billetterie (21,3 %), laissant une large part aux commandites et aux campagnes de financement (39,5 %). Et surtout, le comité a un avantage sur ses prédécesseurs: il a déjà en poche l'assurance d'une aide financière de deux millions d'Ottawa et de Québec en plus d'avoir conclu une entente avec la Ville de Montréal pour bénéficier de ses infrastructures sportives, une aide évaluée à un million.
Louise Roy est confiante. La réputation de Montréal comme destination gay commence à faire le tour du monde et le comité organisateur peut compter sur plusieurs partenaires fiables comme Tourisme Montréal, qui s'intéresse depuis des années à la clientèle gay, et Divers/Cité dont les célébrations coïncideront avec les Jeux en 2006.
Pour Roberto Mantaci, un bilan financier déficitaire à Montréal pourrait avoir des effets désastreux pour les Jeux gay. «Si la prochaine édition est un échec financier, ça va vraiment devenir très sérieux pour l'avenir des Jeux. Mais je ne pense pas qu'on en soit là parce que les gens comprennent qu'on peut réussir si on s'y prend bien», dit-il.
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