Les dissidents du conseil de bande bloquent la route 344 - Les gouvernements tentent de rapprocher les parties à Kanesatake
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Ottawa -- Les gouvernements ont fait un premier pas, hier, dans le but de désamorcer la crise qui secoue Kanesatake depuis quelques jours.
Mais pour qu'une telle réunion ait effectivement lieu, les trois membres dissidents du conseil de bande devront accepter de démanteler la barricade qui, depuis hier après-midi, bloque complètement la circulation sur la route 344, entre Oka et Saint-Placide, à une trentaine de kilomètres au nord de Montréal. Seuls les résidants, les véhicules d'urgence et les écoliers peuvent traverser la barricade. Deux camionnettes barrent la route, dont une arborant un drapeau mohawk.
«C'est une condition sine qua non que de lever l'entrave à la circulation», a expliqué Mathieu Alarie, attaché de presse du ministre québécois des Transports et de la Sécurité publique, Serge Ménard. «Pour nous, cette entrave est inacceptable», a-t-il ajouté, en précisant que les gouvernements attendaient une réponse «d'une heure à l'autre». Aucun ultimatum formel n'a toutefois été fixé aux Mohawks, a-t-on appris à Ottawa.
Entre-temps, le grand chef de Kanesatake, James Gabriel, a menacé de recourir aux Peacekeepers et à la Sûreté du Québec pour rétablir la circulation. «Si ça continue, [...] il risque toujours d'y avoir une dégénération de la situation et si le chemin est bloqué au complet, je vais faire la demande au Mohawk police d'intervenir», a-t-il affirmé.
Le ministre Ménard a assuré que Québec disposait d'un plan d'intervention en cas de prolongation de la crise, mais qu'il ne pouvait pas le rendre public. «Nous devons être prêts pour faire face même à l'imprévisible», a-t-il indiqué.
La crise a pris naissance lorsque les trois dissidents du conseil de bande ont demandé, ces derniers jours, la démission de M. Gabriel, à qui ils reprochent d'avoir renouvelé le mandat du corps de police sans leur accord. Les dissidents veulent prendre connaissance du contrat signé avec Ottawa. Ils exigent en outre que seuls des policiers mohawks travaillent à Kanesatake, ce qui n'est pas le cas actuellement.
Le grand chef Gabriel accuse pour sa part le principal dissident, Steven Bonspille, de s'être servi de l'échéance de la présente entente -- elle a pris fin hier -- pour faire du chantage, parce qu'il désire être nommé chef négociateur du conseil de bande auprès du gouvernement fédéral.
M. Bonspille prétend que dans l'état actuel des choses, les dissidents n'avaient d'autre choix que de bloquer la route 344. «Le gouvernement du Canada veut la confrontation plutôt que des négociations, a-t-il martelé. Ce n'est pas ma façon de faire, la confrontation, mais quand le Canada refuse de parler avec la communauté, c'est tout ce qu'il reste à faire.»
Hier, le ministre fédéral des Affaires indiennes, Robert Nault, a désapprouvé l'érection de la barricade, sans toutefois aller jusqu'à réclamer son démantèlement. «Quand on est un gouvernement, il faut agir comme un gouvernement, a-t-il déclaré à Gatineau. Ériger une barricade pour résoudre des problèmes internes n'est pas très utile.» Le ministre Nault a très clairement donné son appui au grand chef Gabriel, «qui a été démocratiquement élu», a-t-il tenu à rappeler.

