Opinion

Lettres: C'est le printemps. Et c'est la guerre.

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Gilbert Turp, Montréal, le 20 mars 2003

Édition du mercredi 26 mars 2003

Mots clés : guerre, bush

La haine n'est pas soluble dans le sang. On ne guérit pas des blessures que la violence nous inflige en en infligeant à notre tour. La guerre de Bush perpétue la violence. Le plus antiaméricain de tous, c'est peut-être bien le président lui-même: en effet, son action emprisonne son pays dans l'engrenage.

On se rappelle qu'il y a 30 ans, au lendemain de la guerre des Six Jours, Israël croyait avoir réglé le problème de sa sécurité. L'histoire a prouvé le contraire. C'est pourquoi je crains que les Américains ne payent longtemps le prix de leur propre violence.

Le problème, crucial pour l'humanité, est de se libérer de la violence. On ne veut plus ni la subir ni l'infliger.

Mais comment faire? Il me semble aujourd'hui que la violence est là, omniprésente. Autour de nous. Et même en nous. Tout piéton et tout cycliste à Montréal vit quotidiennement avec la violence de l'automobile. Tout internaute vit avec la violence de la pornographie. Tout électeur vit avec le terrorisme verbal qui caractérise le débat sur la santé et, de plus en plus, sur l'éducation. Tous les jours, on alimente notre colère, nos peurs, nos frustrations. Et, en fin de compte, notre impuissance. Que faire? Je cherche.

Mais pour l'heure, je songe aux Irakiens, et c'est le désarroi.


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