Technologie: Contrer le piratage, le jeu dangereux des menaces

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Michel Dumais
Édition du lundi 24 mars 2003

Mots clés :

L'Association canadienne contre le vol de logiciels (ACCVL) repart en campagne contre les entreprises qui ne sont pas en règle et qui violent la Loi du droit d'auteur en installant des logiciels piratés. Grand bien lui en fasse, l'ACCVL est dans son droit après tout. Mais attention, souvent les menaces à peine voilées peuvent se retourner contre celui ou celle qui les profère.

Peut-être votre entreprise fait-elle partie des nombreuses autres des régions de Montréal et de Québec à avoir reçu une lettre de l'Association canadienne contre le vol de logiciels vous demandant de procéder à un audit de votre parc informatique pour vérifier si vous étiez dans la légalité ou non.

Dans toute sa bonté et sa générosité, l'Association va même jusqu'à vous promettre l'absolution complète, trois douzaines de boules noires, deux sacs de caramels mous et une Cherry-Blossom durant le mois de mars. Hé oui, l'ACCVL vous promet une période de grâce durant tout le mois de mars. Vous êtes bon, vous êtes sages et vous vous mettez en règle (peut-être l'étiez-vous déjà) avec l'Association durant le mois de mars? Si jamais l'ACCVL décide malgré tout de venir vous rendre visite pour procéder à un audit, et qu'elle trouve qu'un de vos vilains vice-présidents a installé une vieille version de Tétris sur son portable en plus d'une version illégale de Word, vous ne recevrez qu'une petite tape sur la main. «Vilain polisson, ne recommencez plus ».

Toutefois, et n'oubliez pas, malgré les formulations alambiquées de la lettre de l'ACCVL que les sociétés de Montréal et de Québec ont reçue, formulations alambiquées au point de me faire croire que cette lettre a été écrite par un avocat torontois et traduite de l'anglais au français par un traducteur serbo-croate de Yellowknife, n'oubliez pas que vous avez le choix de refuser de procéder à l'audit.

Pas de pitié

Cependant, si jamais l'ACCVL décide de venir vous rendre une visite de politesse, tout en sachant que vous n'avez pas répondu à sa demande du mois de mars. Elle vous prévient avec toute la politesse voulue... qu'elle ne vous manquera pas. Pas de pitié pour les pirates. Et encore une fois, soyons bien clair, nulle part dans sa lettre, l'ACCVL, une association dont fon partie des sociétés comme Microsoft, Apple, Adobe, Symantec, Macromedia et quelques autres petites sociétés du genre, ne vous accuse de quoi que ce soit. À ce que je sache, la présomption d'innocence n'est pas remise en question par ces sociétés américaines. Mais le tout reste alambiqué comme formulation. Au point que je me demande comme une association industrielle peut prétendre à jouer le rôle de policier et de juge en même temps. Tout ceci n'est pas vraiment clair à mes yeux.

Bref, vous avez le choix. Vous avez le choix de répondre à l'ACCVL, vous avez le choix de lui dire le mot de Cambronne et de l'ignorer ou, vous avez le choix de faire en sorte que l'ACCVL ne puisse d'aucune façon vous pousser au pied du mur. Que voulez-vous, je suis ainsi, même avec des menaces à peine voilées, je devient rétif, je renâcle et je change de mangeoire. Personnellement, j'ai toujours eu comme principe que l'on ne menace pas son client, qu'il soit un client actif, ou un client potentiel.

Une des façons toute simple, vous pouvez vous débarrasser complètement des logiciels des sociétés informatiques ci-dessus nommées pour les remplacer (légalement) par ceux d'autres entreprises. Par exemple, Corel n'est pas dans cette liste. Pourtant, elle offre un progiciel de grande classe avec sa nouvelle suite bureautique complète Corel Word Perfect qui, soit dit en passant, adopte comme format de fichiers des normes ouvertes, libres et connues de tous, et non pas un format propriétaire.

Évidemment, vous pouvez aussi passer au logiciel libre. Contrairement à la croyance populaire, le logiciel libre n'est pas que sur des plateformes OpenSource comme Linux. Le logiciel libre est aussi présent sur des systèmes d'exploitation comme Windows ou Mac OS X. Par exemple, la très efficace et complète suite bureautique OpenOffice fonctionne merveilleusement bien sous Windows. Et elle est en français et gratuite. Comme ça, en passant. Hop!

Récemment, je vous faisais part d'une petite entreprise ayant fait le saut vers OpenOffice, alors qu'elle avait refusé de souscrire aux nouvelles licences d'utilisation de Microsoft et de payer les centaines de dollars accompagnant le renouvellement de ces licences. Ça aussi, c'est son droit. Elle en a tout à fait le droit.

Ayant probablement reçu lui aussi la petite lettre de l'ACCVL, et ayant décidé de faire le saut vers du logiciel libre, le bloggueur technologue homme d'affaires Sylvain Carle, dont le carnet, Afroginthevalley, est un rendez-vous de ma communauté francophone de carnetiers, bref, la grenouille perdue dans la vallée vous fait une offre quasiment impossible à refuser, particulièrement si vous êtes une petite entreprise ou un organisme sans but lucratif, et que vos budgets sont limités:

N'écoutant que mon sens inné de la justice et suivant de mon oeil aiguisé la situation actuelle, que puis-je faire? Je n'arrête pas de penser aux centaines d'entreprises qui sont obligées d'affronter ce cancer, ce crime, cet outrage, cet affront, que dis-je, ce scandale qu'est le fait d'utiliser une copie piratée de Windows ou pire, de MS-Office! Drames et grincements de dents! Cris et larmoiements! Ne craignez rien vaillants entrepreneurs et travailleurs autonomes confrontés à votre sens du droit, j'ai la solution pour vous! Eh oui, tel un noble pourfendeur du dragon du vice, j'ai trouvé le St-Graal de la liberté de conscience!

D'ici la fin du mois de mars (et même en avril), je suis prêt à me rendre dans vos bureaux et à installer gratuitement une copie de Open Office (même à vous laisser le CD avant de partir) à toute PME ou travailleur autonome qui m'en fera la demande (offre limité à la grande région montréalaise, ou sinon vous payez les frais de transport)! Et sous Windows en plus! Eh oui, une solution qui vous permettra de dormir tranquille, la conscience en paix et le portefeuille libéré de la tyrannie de la mise à jour payante! Je peux m'en porter garant, j'utilise Open Office depuis trois mois et je n'ai jamais eu besoin de MS-Office.

Bien sûr, Open Office ne fait pas 100 % de ce que fait MS-Office, mais probablement 85 %-90 %. C'est à vous de décider si les 10 % restants valent le coût de la licence Microsoft. Je profite de l'occasion pour inviter les geeks de tous acabits à faire de même avec leur entourage immédiat. Vous pourrez enfin comprendre pourquoi Open Office fait partie des logiciels libres. Merci encore à l'ACCVL pour cette action si généreuse pour la cause du logiciel libre. Et pour citer un livre que j'aime bien: «ils connaîtront la vérité et la vérité les rendra libres».

mdumais@ledevoir.com


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X 11 OpenOffice - par Kirk Wight (devoir@kirkwight.com)
Le lundi 24 mars 2003 07:00

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