Une guerre illégitime
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«Le respect du droit doit s'appliquer en toutes circonstances», dit Villepin
New York -- La France, la Russie et l'Allemagne ont stigmatisé hier l'intervention américaine visant Saddam Hussein, une position reprise par le secrétaire général de l'ONU et plusieurs pays hostiles à la guerre.«La position de la France est parfaitement claire. Nous avons dit que nous pensions qu'il n'y avait pas de légitimité à cette action», a dit M. de Villepin à l'issue de son intervention devant le Conseil de sécurité.
Seul le «respect du droit peut rendre légitime l'usage de la force», a lancé le chef de la diplomatie française lors de son discours devant les membres du Conseil de sécurité. «Le respect du droit doit s'appliquer en toutes circonstances, mais encore plus lorsqu'il s'agit de prendre la décision la plus grave, le recours à la force.»
Le secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, a pour sa part déclaré que cette invasion marque «un jour triste pour l'ONU et la communauté internationale».
L'Allemand Josckha Fischer a affiché sur un ton abrupt: «Nous devons dire clairement, dans les circonstances actuelles, que la politique d'intervention militaire n'a aucune crédibilité.»
«Il n'y a aucun fondement dans la Charte de l'ONU pour un changement de régime opéré par des moyens militaires, a-t-il dit. Il est possible de désarmer [l'Irak] pacifiquement en renforçant ces exigences [celles de l'ONU] par des délais resserrés. Les moyens pacifiques ne sont donc pas épuisés. Pour cette raison, l'Allemagne rejette avec force cette guerre imminente.»
Les ambassadeurs du Mexique et du Chili aux Nations unies ont exprimé un point de vue similaire. «Mexico réitère [sa préférence de] la voie multilatérale pour la résolution des conflits et regrette la guerre», a dit l'ambassadeur mexicain Adolfo Aguilar Zinser avant de conclure que son pays croit «fermement à la raison d'être des Nations unies».
Aucune résolution du Conseil de sécurité n'autorisait quiconque à renverser le gouvernement irakien, a pour sa part rappelé le ministre des Affaires étrangères de la Russie, Igor Ivanov. Si les États-Unis étaient exposés à une menace d'envergure, a assuré le ministre russe, Moscou «emploierait sans hésitation tous les moyens disponibles dans le cadre de la Charte de l'ONU pour l'éliminer». «Mais le Conseil de sécurité n'est pas en possession de telles données aujourd'hui», a ajouté Ivanov.
Vive opposition du Pakistan
Le Pakistan a par ailleurs réaffirmé son opposition à la guerre en Irak, avertissant que celle-ci pourrait avoir de «graves conséquences» pour la communauté internationale, les Nations unies et leur mission de garant de la paix dans le monde.
Membre non permanent du Conseil de sécurité, le Pakistan demande à ce que «l'intégrité territoriale et la souveraineté de l'Irak» soient sauvegardées, tout comme «son droit [de jouir] de ses ressources naturelles», a dit le ministre pakistanais des Affaires étrangères, Khurshid Mahmud Kasuri.
Allié de Washington dans la lutte contre le terrorisme, notamment dans les opérations contre les membres d'al-Qaïda retranchés au Pakistan, Islamabad a toujours été en faveur d'une solution pacifique à la crise irakienne dans le cadre de l'ONU, l'opinion publique pakistanaise étant très majoritairement hostile à toute intervention américaine en Irak. «Le Pakistan croit que le temps de la diplomatie n'est pas arrivé à échéance et que les efforts doivent se poursuivre pour résoudre la question irakienne de manière pacifique», a déclaré le ministre pakistanais devant le Parlement.

