Guerre contre l'Irak - Landry arrêtera sa campagne durant quelques heures

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Kathleen Lévesque
Édition du jeudi 20 mars 2003

Mots clés : guerre, landry

Beauport — Bernard Landry annoncera ce matin qu’il interrompra momentanément sa campagne électorale afin de mettre en œuvre un comité gouvernemental spécial et de faire un geste symbolique.

«Déjà, en gouvernement responsable, nous avons réuni les experts pour assurer trois choses: sécurité physique, sécurité économique et harmonie dans les relations interculturelles au cas où ce conflit aurait des répercussions dans les relations entre les différentes communautés», a déclaré hier après-midi M. Landry, qui faisait campagne à Beauport.

Depuis lundi dernier, le cabinet du premier ministre prépare la création de ce comité qui réunirait des représentants de divers ministères: Sécurité publique, Justice, Santé et Services sociaux, Immigration et Transports. Dans l'entourage de M. Landry, on explique qu'il faut rassurer la population, tout comme le gouvernement l'avait fait lors des attaques terroristes du 11 septembre 2001 à New York. Ce comité relèverait du secrétaire général Jean Saint-Gelais, qui veillerait à ce que le gouvernement réponde avec célérité aux besoins des citoyens.

Aussi, M. Landry entend profiter de ce temps d'arrêt pour participer à un événement symbolique dont la nature reste à être précisée. Cela pourrait prendre la forme d'une commémoration oecuménique comme celles qui avaient été organisées dans les jours suivant la tragédie du World Trade Center.

«Si jamais l'horreur éclate, nous aurons à accuser le coup d'une façon un peu plus formelle. Ça veut dire qu'il se pourrait qu'une déclaration formelle soit faite au nom du gouvernement national du Québec et que certains gestes, symboliques hélas -- ce qui veut dire qu'ils ne pourront pas être d'un secours immédiat aux victimes -- soient posés», a expliqué le premier ministre.

Il n'est toutefois pas question de suspendre la campagne. «C'est consensuel. Les trois partis dans la course sont d'accord. La démocratie québécoise ne peut pas s'isoler du contexte planétaire, mais elle est capable de vivre en dépit d'un mauvais contexte planétaire», a ajouté M. Landry.

Le chef de l'Action démocratique du Québec, Mario Dumont, s'est dit surpris hier d'entendre le premier ministre livrer ses inquiétudes au sujet de la guerre en Irak. «Ça me paraît très surprenant de le voir presque la larme à l'oeil craindre que la guerre vienne porter un ombrage sur la campagne électorale», a dit M. Dumont, qui a rappelé que c'est Bernard Landry qui a choisi la date du scrutin. Selon M. Dumont, la guerre sert vraisemblablement de prétexte à son adversaire afin d'éviter de parler du bilan du gouvernement, surtout qu'il connaissait l'imminence d'un conflit. «Il s'est fait assez habile pour ne pas répondre des actions de son gouvernement», a affirmé le chef adéquiste.


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