Opinion

Lettres: Jacques Chirac dans le pétrin

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Eugène Sauvé, Hull, le 17 mars 2003

Édition du jeudi 20 mars 2003

Mots clés : chirac

Tout le monde veut la paix mais personne ne veut mourir. Surtout pas de mort politique. Ce qui nous amène à Jacques Chirac.

M. Chirac proclame à qui veut l'entendre qu'il ne peut pas être question de partir en guerre contre l'Irak. Mais des soldats français sont actuellement déployés en Côte-d'Ivoire. Comment peut-il justifier cette situation? Très facilement: il n'en parle pas. Mais la conclusion est évidente. En Afrique, à titre d'ancien colonisateur, on peut faire ce qu'on veut. Au Moyen-Orient, c'est différent. S'il est bon d'avoir des principes, il est encore mieux d'avoir de la flexibilité. C'est ainsi que M. Chirac pourrait bientôt devenir contorsionniste avec le Cirque du Soleil.

Il n'y a pas si longtemps, la France, sous la gouverne de M. Chirac, a approuvé à l'ONU une résolution visant à forcer l'Irak à démanteler ses armes sous peine d'attaque armée. Mais voilà que les manifestations en faveur de la paix ont surgi un peu partout. Et maintenant, notre cher M. Chirac, toujours à l'écoute de la vox populi, affirme que jamais la France n'ira en guerre contre l'Irak. Voilà qui suscite des félicitations chez les pacifistes et des craintes chez ceux qui favorisent un peu de suite dans les idées. Si M. Chirac veut la paix à tout prix, il n'avait qu'à refuser de signer la résolution 1441 de l'ONU. Évidemment, il se pourrait qu'il se soit converti au pacifisme après un moment d'égarement. Peut-être bien. Mais il semble beaucoup plus probable que les manifestations contre la guerre aient perturbé son âme sensible.

Ces deux situations en disent long sur M. Chirac: il n'a pas de principes et il n'a pas de couilles.


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