Opinion

Lettres: Maman bombe

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Gaétan Fontaine, Montréal, le 12 mars 2003

Édition du jeudi 20 mars 2003

Mots clés : guerre, bombe

La «mère de toutes les bombes» vient de voir le jour.

La plus grosse bombe classique existante a explosé le 11 mars dernier, nous apprenait un porte-parole de la base aérienne d'Elgin, en Floride. Belle façon de venir au monde! Donald Rumsfeld, le très secrétaire de la Défense préventive états-unien, a souligné que... «ce n'est pas rien». Rien de moins. Et pour cause! Cette mère balistique se nomme MOAB (Massive Ordnance Air Blast), ou «mother of all bombs». (Moab est également un personnage biblique.) Cette énorme bombe de 9,5 tonnes est en fait une version «améliorée» d'une autre bombe joliment nommée «faucheuse de marguerites», plus précisément une bombe au plasma qui a la fâcheuse fonction de faucher l'oxygène et d'ainsi asphyxier tout être vivant qui respire sur une vaste superficie, humains compris. Peut-être faudrait-il informer le Pentagone et ses sbires que les Irakiens en font toujours partie... Un autre porte-parole de la base aérienne précisait que «son emploi peut être très dévastateur contre des forces terrestres, c'est une arme psychologique». Je me demande si c'est maman bombe qui devrait consulter un psychologue ou ses inventeurs...

Un brin d'histoire: la grand-mère des bombes au plasma (CBU-72) a déjà été utilisée (avec «succès») lors de la première guerre du Golfe. Et son arrière-grand-mère plasmatique (CBU 55-72) a été larguée une première fois (avec «succès») au Vietnam. Allez, tous aux abris!


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