Londres reste avec Bush

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AFP
Édition du mercredi 19 mars 2003

Mots clés : guerre

Blair obtient le feu vert du Parlement pour épauler les États-Unis en Irak. Nouvelle fronde des travaillistes et départ de deux autres ministres

Un policier armé montait la garde devant le parlement britannique, hier...

Photo: Agence Reuters

Londres -- Les députés britanniques ont adopté hier une motion du gouvernement autorisant la guerre contre l'Irak, mais la politique du premier ministre Tony Blair a essuyé un nouveau revers plus cuisant encore que lors du précédent vote au Parlement sur le sujet. À l'issue d'une journée de débats, les parlementaires étaient appelés à se prononcer sur un amendement antiguerre, puis sur la motion gouvernementale autorisant, à l'inverse, le recours à la force si nécessaire contre l'Irak, que Londres et Washington accusent de ne pas désarmer.

Tony Blair, qui joue sa carrière dans le dossier irakien, était assuré d'emporter le soutien de la majorité de la Chambre, le Parti travailliste y étant largement majoritaire (412 élus) et la majorité des conservateurs ayant décidé d'apporter leur voix à M. Blair.

La motion du gouvernement britannique a été adoptée par 412 des 659 députés de la Chambre des communes. Mais 149 élus ont voté contre, soit un important revers pour M. Blair dans un pays où la discipline de vote est suivie à la lettre.

Le Parlement n'avait pas connu une rébellion d'une telle ampleur depuis plus de 100 ans, selon la presse. Elle constitue également la fronde la plus grave au sein de la base parlementaire travailliste que Tony Blair ait jamais dû affronter depuis son arrivée à Downing Street en 1997.

Le 26 février, une motion du gouvernement affirmant que l'Irak avait désormais «une dernière chance pour désarmer» avait été adoptée avec 434 voix pour, mais 124 élus, dont 59 députés travaillistes, avaient voté contre.

Depuis, la fronde antiguerre n'a cessé de s'amplifier parmi les parlementaires, dont le malaise s'est accentué après le retrait d'un projet de deuxième résolution autorisant le recours à la force devant le Conseil de sécurité de l'ONU.

Depuis lundi, trois membres du cabinet, dont l'ancien secrétaire au Foreign Office Robin Cook, ont démissionné pour protester contre le déclenchement d'une guerre sans l'appui des Nations unies. Hier, ce sont le ministre de l'Intérieur, John Denham, et le ministre de la Santé, Lord Hunt of Kings Heath, qui ont annoncé leur départ.

Pour ne pas accentuer encore la crise, Clare Short, la tonitruante ministre du Développement international qui avait menacé de renoncer à son poste en cas de guerre sans aval de l'ONU, a effectué un revirement spectaculaire hier en décidant de rester en fonction.

«Je demeure très critique de la manière dont la crise irakienne a été gérée», a-t-elle néanmoins précisé dans un communiqué.

Au total, sept membres de l'équipe gouvernementale ont démissionné, dont les trois ministres.

L'amendement antiguerre a été rejeté hier par 396 voix, soit avec une majorité de 179 voix. Mais parmi les 217 parlementaires qui ont voté contre la guerre, il y aurait jusqu'à 139 membres du Labour de M. Blair, selon les parlementaires à l'origine du texte, soit encore plus que lors d'un précédent vote fin février.

Le 26 février, 199 députés dont 122 élus du Parti travailliste (plus du quart des députés du Labour) avaient voté pour un amendement, estimant que la guerre contre l'Irak n'était pas fondée à ce stade.

L'amendement discuté hier soir souligne «que les arguments en faveur d'une guerre contre l'Irak n'ont pas encore été établis, tout particulièrement en l'absence d'une autorisation spécifique des Nations unies».

La motion stipule, elle, que la Chambre des communes «soutient la décision du gouvernement d'utiliser tous les moyens nécessaires pour assurer le désarmement de l'Irak d'armes de destruction massive».


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