Technologie - Adios la disquette?

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Michel Dumais
Édition du lundi 17 mars 2003

Mots clés : disquette, disparition

La disquette est-elle vouée à disparaître à court terme? On serait porté à le croire. Pourtant, plusieurs irréductibles «nerds», dans un petit village virtuel, résistent encore et toujours... Plus émotif que le débat sur le virage à droite ou les roulottes à hot-dog au centre-ville de Montréal, le possibilité de la disparition de la disquette trois pouces et demi ne fait pas l'unanimité chez les utilisateurs d'ordinateurs personnels.

À tout pas très humble, tout honneur, j'avoue que j'aurais une certaine difficulté à voir disparaître à tout jamais cette bonne vieille disquette, même si le cédérom peut prétendre jouer le même rôle. Combien de fois, même encore récemment, cette bonne vieille plaquette de plastique ne m'a t-elle pas sauvé la vie?

Avec une disquette, il est facile pour moi d'installer en quelques minutes un système d'exploitation minimal et quelques outils pratiques pour me permettre de rattraper une situation critique. J'aime cet aspect pratique de la disquette, tout en sachant qu'avec un graveur CD, je peux faire tout ce que fait une disquette, et beaucoup mieux. De plus, une disquette peut être pratique pour y installer un mini Linux et un petit mur coupe feu.

Une police d'assurance

Toutefois, tous ne sont pas en faveur de sa disparition. Une connaissance, Jean-Pierre, réparateur d'ordinateurs de son état la semaine, et gars sympathique les fins de semaine. Il aime la disquette, elle lui a permis plusieurs fois de venir en aide à des clients qui connaissaient des problèmes critiques, et ce, malgré la démocratisation des lecteurs, et surtout, des graveurs CD. «Ce n'est pas tout le monde qui a un graveur CD ou un BIOS qui permet de démarrer en premier avec un CD. Il est arrivé que j'ai pu régler un problème grave avec une de mes disquettes d'urgence. La disquette devrait à tout le moins, être toujours proposée en option, et moi, je recommanderai toujours à mes clients de mettre les 15 $ de plus, juste en cas. Une disquette, c'est une police d'assurance qui ne coûte pas cher.»

Philippe lui est plus nuancé: «Je suis pour la non-imposition de la disquette. Je me demande pourquoi je devrais payer pour quelque chose dont je n'ai pas besoin. J'ai payé pour 16 lecteurs de disquettes et 16 lecteurs CD dans mes 16 serveurs et pourtant, ceux-ci ne verront jamais de leur vie une disquette ou un CD. Cela fait quatre ans que mon lecteur de disquette est au fond de ma sacoche (j'ai un portable) et que je ne le branche qu'une fois ou deux par année. Toutefois, je dois avouer que malgré tout, cela peut-être pratique. En fait, je pense qu'il n'y a pas de règle universelle. Il en faut un par groupe. Le travailleur autonome se doit d'avoir son lecteur, alors que la PME en réseau n'a pas besoin d'en avoir plus de un pour l'ensemble du réseau. C'est un peu comme l'imprimante. Mais je crois que l'impossibilité d'acheter un PC avec lecteur serait un moins. Le lecteur doit devenir une option plutôt que d'être imposé systématiquement ou supprimé systématiquement.»

Frédéric, utilisateur Windows et Linux, a aussi des opinions nuancées au sujet de cette bonne vieille disquette: «Tant que les graveurs CD ne seront pas sur tous les ordinateurs au même titre que les lecteurs de disquettes actuels, on ne peut pas s'en débarrasser.»

Mémoire flash

De tous ceux que j'ai interrogés, c'est toutefois Patrick qui livre l'analyse la plus intéressante sur ce non-enjeu. «Qu'on le veuille ou non, il sera toujours nécessaire de pouvoir démarrer sur une mémoire de masse à faible coût et sur lequel il est facile de copier des données. Avant c'était la disquette, aujourd'hui, il semble que ce soit le cédérom, mais personnellement, je trouve que le remplaçant idéal serait une mémoire compacte flash qui se branche sur le port USB. Avec ce périphérique, que l'on peut accrocher à son porte-clés, et qui a une très bonne capacité (de 16 à 64 mégaoctets), pas de problèmes de mauvais secteurs ou de pistes défectueuses. Le lecteur Zip drive a failli être la solution, mais son prix l'a rapidement mis hors jeu. Actuellement, une mémoire flash de 64 mégaoctets coûte 35 $, ce qui est quand même meilleur marché que l'équivalent en disquettes.»

Il y a aussi Jean-François, un peu baveux qui, à ma question, répond tout simplement «je suis pour la disparition de la disquette». Considérant que monsieur est un disciple de la Sainte-Pomme, et que la disquette est déjà depuis plusieurs années, un objet de curiosité sur le Mac, disons que nous lui pardonnons ses propos d'où émane un certain sarcasme.

Et vous, amis lecteurs, pour ou contre la disparition de la disquette? A-t-elle encore une raison d'exister? Quelle serait, selon vous, la meilleure mémoire de masse pour remplacer la disquette? Le CD, le DVD? La mémoire portative flash?

Et en passant, petit détail, Dell, HP et Sun Microsystèmes prédisent que la disquette a encore au moins quatre années de vie devant elle. Le manufacturier Teac fabrique même encore des lecteurs cinq pouces et quart, et ce, pour répondre aux besoins de personnes qui veulent lire des documents archivés depuis des années pour les transférer sur un nouveau support. Il y a quelqu'un qui utilise encore des lecteurs de disquettes de huit pouces?

mdumais@ledevoir.com


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