Sondage Léger Marketing-Le Devoir - Vers une lutte à deux
Mots clés : adq, recul
Le recul de l'ADQ se confirme
Le recul de l'Action démocratique du Québec (ADQ), amorcé dans les sondages depuis quelques mois, se confirme au lendemain du déclenchement des élections générales provinciales. Relégué à la troisième place après des temps meilleurs, le parti de Mario Dumont semble désormais s'effacer lentement pour laisser la place à une lutte à deux qui se jouera dans l'isoloir le 14 avril.Au lendemain du budget provincial et de l'appel aux urnes, les intentions de vote se précisent: en tête, le Parti québécois (PQ) qui, avec 39 %, poursuit sa remontée entamée en décembre dernier. Le parti au pouvoir se retrouve coude à coude avec les libéraux qui, eux, récoltent 37 % des intentions -- un résultat constant depuis trois mois --, mais il conserve toutefois son avance de 17 points sur le Parti libéral du Québec (PLQ) chez l'électorat francophone.
En queue de peloton, l'Action démocratique du Québec continue sa dégringolade dans les sondages depuis août dernier, ne recueillant plus désormais que 23 % des intentions de vote. Le tout après répartition des 4 % d'indécis -- «un résultat particulièrement bas, qui dénote un intérêt certain des électeurs pour cette campagne», souligne Jean-Marc Léger, l'homme derrière ce sondage -- sur une base proportionnelle.
«Cette tendance se confirme depuis quelques semaines», souligne Pierre Drouilly, spécialiste en sociologie politique à l'Université du Québec à Montréal (UQAM). «Avec l'avance du PQ chez les francophones, les résultats en fin de campagne risquent d'être moins serrés qu'on le croyait. Si les libéraux n'amorcent pas très vite une remontée auprès de cet électorat, le Parti québécois devrait encore rentrer.»
C'est ce que pensent aussi 56 % des personnes interrogées, qui estiment que le PQ a le plus de chances de remporter le prochain scrutin, contre 27 % pour le PLQ et un faible taux de 9 % pour l'ADQ. Et l'optimisme n'est pas au rendez-vous chez l'électorat adéquiste, dont plus des trois quarts, selon les données du sondage, pensent que la formation de Mario Dumont restera encore une fois dans l'opposition... avec un chef populaire, par contre: 80 % des répondants d'allégeance adéquiste croient en effet qu'il ferait le meilleur premier ministre.
Toutes couleurs politiques confondues, c'est toutefois Bernard Landry qui plaît le plus aux électeurs par les temps qui courent. En effet, 34 % des répondants le voient très bien poursuivre son rôle de premier ministre pour les cinq prochaines années, et ce, tant du côté des hommes que des femmes. «Les récentes déclarations de M. Landry sur les femmes n'ont donc visiblement pas eu d'incidence sur sa popularité», commente M. Léger.
L'opinion publique est moins tendre envers son opposant libéral, Jean Charest, que seulement 27 % des répondants souhaitent voir occuper les deux derniers étages de l'édifice Price à Québec. Prouvant du coup que même si le PLQ est capable de remonter dans les sondages, avec 37 % d'intentions de vote aujourd'hui, son chef, lui, ne semble toujours pas faire l'unanimité dans ses propres rangs.
Reste que pour la première fois, les libéraux marquent des points... du côté de l'électorat francophone, y rejoignant désormais l'équipe de Mario Dumont. Les deux formations recueillent respectivement 28 et 26 % dans ce créneau. «C'est donc le signe que l'issue de cette campagne n'est pas encore jouée», dit M. Léger. D'autant plus que les intentions de vote ne sont pas encore définitives.
À preuve: globalement, 42 % des personnes interrogées affirment en effet pouvoir encore changer d'idée au cours du prochain mois. Une porte de sortie que se réservent d'ailleurs le droit d'emprunter les répondants d'allégeance libérale ou adéquiste dans les mêmes proportions, alors que pour le PQ, 62 % de ses partisans d'aujourd'hui estiment être certains de leur décision.
Au cours des prochains mois, cet électorat vacillant devrait d'ailleurs passer au crible les programmes des partis en lice pour en extraire les idées -- 44 % des électeurs estimant en effet, pour la cuvée 2003 du scrutin provincial, que ces écrits pourraient influencer leur choix, loin devant la tête dirigeante d'un parti (19 %), le parti lui-même (17 %), le candidat de leur circonscription (14 %) ou encore les sondages (4 %).
N'empêche, 1003 personnes à travers le Québec ont toutefois pris la peine, cette semaine, de répondre aux questions de ce coup de sonde orchestré par Léger Marketing. Coup de sonde dont la marge d'erreur maximale est de plus ou moins 3,4 %, et ce, 19 fois sur 20, comme le veut la formule consacrée.

