Manifestation le samedi 15 mars - Nouvelle mobilisation populaire contre la guerre, pour la paix
Mots clés : guerre

Photo: Jacques Nadeau
La stratégie préconisée? La même que par les mois passés: la mobilisation des foules au nom de la paix et de la justice, samedi prochain, dans toutes les villes du Québec. L'appel, relayé ici par plusieurs têtes d'affiche de la province, est d'ailleurs international et devrait trouver écho aussi bien à Trois-Rivières qu'à Paris, Londres, Washington, Berlin ou Moscou.
Car il y a urgence. «Nous parlons beaucoup de guerre en ce moment, mais il n'y a pas de guerre, a reconnu hier, lors de la conférence de presse du collectif, le chanteur Dan Bigras, l'air grave. C'est une agression qui s'en vient, contre un pays qui n'a pas la possibilité de se défendre.» Et ce, à grand coup de propagande médiatique «qui nous rappelle les plus sombres moments de l'Empire soviétique», orchestrée par «des gens dangereux» actuellement à la tête des États-Unis, a-t-il poursuivi.
Le ton était donné, qui était partagé par l'ensemble des personnalités présentes à l'occasion de cet appel à la paix. «Nous ne sommes pas à la veille d'une guerre, nous sommes plutôt face à une attaque contre l'intelligence humaine, a souligné la sociologue Louise Vandelac. Je ne pense pas que la planète puisse se permettre ce genre de chose, surtout quand on sait qu'une fraction du budget consacré à cette guerre pourrait régler les problèmes de l'humanité.»
À ses côtés, Monique Richard, présidente de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), avait les mêmes inquiétudes mais proposait un remède simple: inviter George W. Bush à se replonger dans son dictionnaire -- «si toutefois il lui en reste un», a-t-elle dit -- afin de relire la définition du mot démocratie. Au fond de la salle, l'acteur Luc Picard a acquiescé, en silence, et Soraya Benitez s'est mise à chanter en espagnol son hommage à la vie.
Fort des 150 000 personnes qui ont répondu à l'appel le 15 février dernier, par -40 °C, dans les rues de Montréal, le collectif espère faire encore mieux cette fois-ci et se dit même prêt à récidiver chaque semaine jusqu'à une résolution pacifique du conflit. «Et si la température est plus élevée que -96, on devrait pouvoir y arriver, a commenté l'humoriste ricaneur Yvon Deschamps, accompagné de sa femme Judy Richards. Même si la dernière fois j'ai eu tellement froid aux pieds et que j'ai eu bien peur qu'ils ne bougent plus jamais, je vais tout de même être là samedi, avec enfants et amis. Parce que c'est important.»
Tellement important que les principales centrales syndicales au pays ont décidé de faire passer la paix dans le monde avant le conflit social qui les anime en ce moment. En effet, la manifestation prévue à cette date pour inciter le gouvernement à agir sur la question de l'équité salariale a été officiellement annulée il y a 10 jours pour ne pas entraver «l'important mouvement international» contre la guerre en Irak. Un sujet, il faut dire, soudainement futile quand on le compare à une population désarmée et composée surtout d'enfants qui se prépare à se faire «droper des tonnes de bombes sur la tête», a dit Dan Bigras.

