Jalbert plaidera coupable d'être entré illégalement aux États-Unis

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Édition du lundi 10 mars 2003

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Bangor, Maine -- Un Québécois, qui a déjà passé 35 jours dans une prison américaine parce qu'il s'était aventuré de l'autre côté de la frontière pour acheter de l'essence, devrait plaider coupable aujourd'hui, à Bangor, dans le Maine, à l'accusation d'être entré illégalement aux États-Unis.

Michel Jalbert, de Pohénégamook, au Québec, espère ensuite pouvoir reprendre une vie normale au Canada.

Pour plusieurs de ses partisans, tant au Canada qu'aux États-Unis, le fait que cette affaire se soit rendue aussi loin démontre que M. Jalbert a été victime du durcissement des lois américaines face aux transits frontaliers entre les deux pays.

«À titre d'Américain, je trouve absolument déplorable la façon dont on a traité Michel, a déclaré Ross Paradis, un représentant démocrate de l'État. Nous avons déjà assez d'ennemis sans avoir à choquer en plus nos amis.»

M. Paradis, qui parle français, a apporté son aide à M. Jalbert pour qu'il puisse se débrouiller dans le système judiciaire américain. M. Jalbert, un travailleur forestier de 33 ans qui a pu retrouver la liberté après versement d'une caution, ne parle pas l'anglais.

En plaidant coupable, M. Jalbert se verra interdire l'entrée aux États-Unis pour une période que la cour déterminera. M. Jalbert espère qu'elle ne sera que de cinq ans, mais elle pourrait être permanente.

Selon le Québécois, toute cette affaire lui a coûté au moins 12 000 $ en perte de revenus de travail et en frais de justice. Il a toutefois reçu des dons de la part de partisans, dont la plupart sont des citoyens américains.

M. Jalbert avait été arrêté le 11 octobre alors qu'il faisait le plein d'essence à la frontière entre le Québec et le Maine.

Comme il devait participer à une partie de chasse en famille, il avait un fusil dans son véhicule. Le Québécois fut donc accusé d'être entré illégalement aux États-Unis en possession d'une arme, ce qui peut entraîner un maximum de dix ans de prison.

Selon l'accord entourant son plaidoyer, la cour retiendra comme peine suffisante les 35 jours qu'il a déjà passés en prison.

Pour Denis Beaulieu, un résidant de Pohénégamook, les relations de bon voisinage d'antan avec les Américains ne seront plus jamais les mêmes. «On dit que les gens oublient et pardonnent, mais cette fois, on n'oubliera jamais.»

Pour M. Paradis, les autorités américaines ont dépassé les bornes dans cette affaire en traitant le paisible point frontalier d'Estcourt comme s'il s'agissait d'un poste-frontière entre les États-Unis et le Mexique.

En fait, depuis les attentats terroristes du 11 septembre, 245 agents qui patrouillaient le long de la frontière mexicaine ont été transférés à la frontière canadienne.

Un contingent de 285 autres agents devrait être ajouté d'ici à l'automne.


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