Pour un 8 mars
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À l'occasion de la journée du 8 mars, la Fédération des femmes du Québec se mobilise pour soutenir l'action contre la guerre, initiée par le Comité de coordination et d'action des femmes de diverses origines.
Le thème mobilisateur: les femmes s'opposent à la guerre ici et ailleurs. Les initiatrices: le Comité de coordination et d'action des femmes de diverses origines. «Ce sont elles qui organisent l'événement, précise Barbara Legault, nous les appuyons et mobilisons nos membres pour y participer.»
Si la marche, qui s'ébranlera à 16h30 sur la place Émilie-Gamelin, pourrait bien marquer le crescendo de la journée, elle sera toutefois précédée de deux panels de discussion, l'un nommé «La guerre ailleurs» (11h à 13h) et l'autre, «La guerre ici» (14h à 15h30). Entre ces rencontres, les participantes seront conviées à un repas collectif aux saveurs du monde ainsi qu'à la projection de films. Ce forum public se tiendra le 8 mars, au Centre Saint-Pierre du 1205 de la rue Visitation, près du métro Beaudry. L'inscription se fera sur place, à 10h, et on offrira les services d'une halte-garderie.
La guerre ailleurs
Outre les effets dévastateurs et directs de la guerre -- les bombes, les missiles et les villes dévastées --, un conflit armé entraîne d'autres conséquences sur lesquelles on insiste moins, fait remarquer Barbara Legault. Des conséquences plus subtiles et à plus long terme. «Lorsqu'on attaque un pays, expose-t-elle, on écrase ses infrastructures. On le place dans une situation de défense qui mobilise toutes les ressources et les énergies, ce qui provoque des coupures dans le peu de services qui pouvaient exister. La guerre entraîne aussi tout un lot de problèmes comme l'insécurité économique et l'augmentation générale de la pauvreté. On a bouleversé des services publics, ceux de l'éducation et de la santé. Ce sont alors les femmes qui doivent s'organiser pour répondre aux situations d'urgence auxquelles le système, ébranlé, ne peut plus répondre. Dans certains pays, une recrudescence de l'intégrisme, religieux et politique, accompagne la guerre. Et, souvent, les partisans de l'intégrisme placent les femmes dans des carcans, les contraignent à suivre des règles ou des lois religieuses très strictes qui vont à l'encontre de leurs droits.»
Barbara Legault poursuit: «Chaque fois que la pauvreté augmente, les femmes en sont les premières victimes. Nous refusons de fermer les yeux sur cette guerre qui se prépare en Irak. Nous refusons que d'autres vies soient sacrifiées au nom du profit.»
La guerre ici
Avec la guerre, fait encore remarquer Mme Legault, viennent aussi des mouvements de migration des populations au sein du pays et des régions touchées, mais également au niveau international. «Des femmes, rappelle-t-elle, fuient le conflit. D'où un accroissement des demandes de statut de réfugiée et d'asile politique. Elles arrivent ici en état de choc et se trouvent souvent confinées dans un travail précaire parce qu'elles ne sont pas bilingues, parce qu'elles ne possèdent pas les équivalences de formation requises chez nous, ou parce qu'il existe encore du racisme au Québec. Des situations difficiles.»
Vulnérables, les femmes réfugiées et démunies se tournent souvent vers le travail d'aide domestique. «Elles sont à la merci des possibilités qui leur sont offertes, rappelle Barbara Legault. Parfois isolées et dans un état de clandestinité, il arrive qu'on ne leur permette pas de sortir et qu'on ne leur fournisse même pas une chambre privée. Les femmes aides domestiques sont plus facilement victimes d'abus physiques, psychologiques et sexuels. Des situations que nous dénonçons et que nous considérons comme inacceptables au Québec et au Canada, une terre d'accueil. Ensemble, nous devons nous donner les moyens de prendre soin des personnes qui arrivent ici dans la détresse.»
Femmes solidaires, monde égalitaire
Si la FFQ a choisi le slogan «Femmes solidaires, monde égalitaire» pour cette journée du 8 mars 2003, c'est pour insister sur l'importance de la solidarité des femmes, ici au Québec, mais également à travers le monde. «Avec la mondialisation, formule Barbara Legault, de plus en plus d'enjeux s'internationalisent. Il en va de même des problèmes que vivent les femmes. Certains accords de libre-échange mettent en péril les droits que les femmes ont acquis au fil des ans, et dans certains pays, les droits pour lesquels elles luttent encore.»
La responsable de la mobilisation à la FFQ poursuit: «Les femmes se battent pour l'égalité depuis le début du mouvement féministe. Pas seulement l'égalité entre les hommes et les femmes, mais également l'égalité entre les classes, entre les générations, entre les conditions de vie dans différents pays. Afin que chaque personne puisse avoir l'occasion de se développer, de réaliser ses rêves, de vivre une vie saine. Et cette égalité-là ne pourra être construite que par la solidarité des femmes.»

