Virus du Nil: mise en garde contre l'emploi d'insecticides

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Édition du mardi 04 mars 2003

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Ottawa -- Des écologistes craignent que la peur du virus du Nil occidental n'entraîne le recours à des insecticides plus dangereux que le virus lui-même. Ils font valoir que le virus n'a pas d'effet néfaste sur la plupart des gens et que les Canadiens vont développer une résistance au virus avec le temps, tandis que la substance chimique envisagée pour le combattre, le malathion, a plusieurs effets nocifs.

L'Ontario a l'intention d'autoriser les municipalités à employer le malathion pour tuer les moustiques qui propagent le virus. D'autres provinces envisagent de pulvériser du malathion, et le Manitoba l'utilise déjà depuis des années.

Selon le scientifique et animateur de télévision David Suzuki, c'est une réaction «hors de proportion» avec la gravité du problème.

L'été dernier, on a rapporté plus de 300 cas confirmés ou probables du virus du Nil chez l'humain au Canada. Neuf personnes l'ayant contracté sont décédées.

L'écologiste David Schindler, de l'université d'Alberta, affirme qu'il a été prouvé que le malathion a causé «des malformations congénitales, des effets mutagènes et tératogènes, des dommages au cerveau, la leucémie chez les enfants, et des perturbations des fonctions endocriniennes».

Mais Chris Krepski, porte-parole de l'Agence de réglementation de la lutte antiparasitaire, qui fait partie du ministère fédéral de la Santé, affirme que ce pesticide est sûr s'il est employé selon les instructions. Et les concentrations de malathion utilisées pour le contrôle des populations de moustiques seraient beaucoup plus faibles que celles couramment employées en agriculture.

Pour sa part, Paul Epstein, du Centre pour la santé et l'environnement de Harvard, s'est dit «choqué» d'apprendre que le malathion est employé pour contrôler les populations de moustiques au Canada. Les impacts écologiques du malathion sont pourtant connus.


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