Les tensions géopolitiques sont plus vives que jamais - Le huard franchit la barre des 66 ¢US
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Une hausse de 8,20 $US pousse l'or à son niveau le plus élevé en six ans

Photo: Agence Reuters
Le désengagement a également permis à l'euro de franchir momentanément la barre psychologique du 1,09 $ à 1,0930, pour descendre ensuite à 1,0871. La monnaie européenne est donc revenue à son plus haut depuis mars 1999, alors qu'elle s'échangeait à 1,1042 $, dans l'attente de l'allocution de Colin Powell et du dépôt des preuves américaines contre l'Irak devant l'ONU, aujourd'hui. Sur les marchés de change, très sensibles et hautement volatils, «les gens se positionnent avant l'intervention de Colin Powell à l'ONU demain [aujourd'hui]», a indiqué David Ethridge, analyste de MMS International.
«Les devises étant souvent vues comme une valeur refuge, l'importante instabilité géopolitique mondiale milite contre le dollar américain», a renchéri Gerard Buckley, qui croit toutefois que cela ne durera que «de quatre à six mois». Selon les propos du directeur des opérations sur devises chez Scotia Capitaux, repris par la Presse canadienne, «les États-Unis représentent le plus gros marché de consommateurs au monde. Le dollar américain a donc encore de beaux jours devant lui».
Outre ce jeu d'ajustements frappant les devises, l'incertitude vient alimenter une flambée du cours des métaux précieux, dans le sillage de l'or. Le métal jaune s'échangeait à 379 $US l'once à New York en fermeture hier, une hausse de 8,20 $US poussant l'or à son niveau le plus élevé en six ans. Une flambée de 10 % depuis le début de l'année qui n'est pas sans contagion. Pour Neil Hawkes, analyste au centre de recherche CRU International, «la nervosité a atteint un tel niveau qu'elle s'est propagée chez les autres métaux précieux, dont le platine a été le principal bénéficiaire. Le platine a d'autant plus profité de l'avancée du métal jaune qu'il bénéficie de très bons facteurs fondamentaux».
Il pense au cours du platine qui, à 700 $US l'once, évolue présentement à son plus haut niveau depuis 23 ans. Une «inflation» s'appuyant également sur des éléments plus structuraux, telles la crainte d'une contraction de l'offre et l'expectative d'une demande accrue de la part des fabricants automobiles. Mais aussi au palladium (à 266 $US l'once hier, à Londres) et à l'argent (à 4,85 $US l'once). Mais, a insisté l'analyste, «l'envolée des cours des métaux précieux est largement due à des achats spéculatifs, qui se positionnent sur le court terme seulement, donc les prix pourraient retomber brutalement».
L'incertitude géopolitique continuait également de hanter les marchés boursiers hier. L'indice TSX de la Bourse de Toronto a fait la sourde oreille à la flambée du cours des métaux et au niveau élevé du prix du pétrole pour abandonner 48,94 points, ou 0,7 % hier, et fermer à 6544,74. Depuis le début de l'année, le recul frôle les 5 %. À New York, le Dow Jones a fléchi de 96,53 points, ou de 1,2 %, à 8013,29, gonflant sa perte depuis le début de 2003 à 9 %. Le Nasdaq, pour sa part, a reculé de 17,64 points, ou de 1,3 %, à 1306,15, haussant à 8 % sa contraction depuis le début de janvier. Plus large et plus représentatif, le S&P 500 s'est replié de 12,12 points hier, ou de 1,4 %, à 848,20. Cet indice est en recul de 9 % en un mois.
Avec l'Agence France-Presse

