Les maux de la santé - Un même diagnostic; un traitement moins invasif
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La nouvelle porte-parole de l'ADQ nuance les propositions de son parti dès sa première sortie publique

Photo: Jacques Nadeau
La place faite par un éventuel gouvernement adéquiste au secteur privé affiche maintenant des bémols. «Moi, je suis moins favorable aux hôpitaux à but lucratif. Ce n'est probablement pas la voie à explorer. [...] Oui, il y a une place pour le privé, pour la gestion privée, mais selon moi, le domaine de la maladie ne doit pas être un domaine à partir duquel on enrichit des actionnaires», a expliqué le Dr Lescop, adoptant ainsi une position opposée à celle du Dr Morgan.
De la même manière, le Dr Lescop a freiné l'élan adéquiste au sujet de la possibilité pour les citoyens plus nantis de se payer des chirurgies cardiaques, question d'alléger les listes d'attente. «La loi canadienne sur la santé est relativement claire. Les services médicalement requis sont couverts par le régime public et on ne peut pas s'engager sur cette voie-là pour ce type d'interventions chirurgicales», a-t-elle affirmé. Le Dr Lescop envisage toutefois sans problème de régulariser les chirurgies mineures qui se font actuellement en cachette dans les cliniques privées.
La nouvelle recrue de l'ADQ, qui refuse d'être étiquetée à droite ou à gauche, préférant se qualifier de pragmatique, pose un diagnostic sévère sur l'état du système de santé. «J'ai honte, a-t-elle tranché. Le système de santé est malade. Tout le monde le dit, le vit, le subit. Il faut donc emprunter la bonne voie. Ni à gauche, ni à droite: la voie de la raison», a souligné le Dr Lescop.
Cette dernière a réitéré les principes qui guideront les mesures proposées par l'ADQ, qui seront précisées fin février: responsabiliser les citoyens, «libérer le talent» et ajouter au domaine public les contributions du privé et du milieu communautaire.
Avec l'assurance de plus de 30 ans de pratique médicale sur le plan clinique (pédiatrie), de l'enseignement (Université de Montréal) et de l'administration des services de santé, le Dr Lescop a soutenu que toutes les solutions doivent être sur la table car, dans ce domaine, il n'y a pas de panacée. C'est pourquoi elle a choisi de rejoindre l'ADQ, «un parti jeune, dynamique et sans dogme».
«Il faut oser explorer des voies nouvelles et ne pas rester dans le couloir étroit qui a été le nôtre depuis la Révolution tranquille, où l'État a la réponse à tous les besoins de la société québécoise», a déclaré le Dr Lescop aux côtés d'un Mario Dumont tout sourire.
Ainsi, le ticket modérateur sera envisagé par l'ADQ, bien qu'il ne soit pas permis actuellement par la loi canadienne sur la santé. D'ailleurs, le Dr Joëlle Lescop a dit souhaiter une rencontre avec des représentants du gouvernement fédéral sur les limitations de la loi canadienne sur la santé par rapport au programme adéquiste.

