La Journée de la santé sur la liste d'attente

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Robert Dutrisac
Édition du mardi 28 janvier 2003

Mots clés : legault, landry

Legault remet à plus tard la journée de consultation prévue.

Québec -- Le gouvernement Landry a décidé de reporter à plus tard la journée de consultation sur les choix qui s'offrent pour financer le système de santé québécois, un événement que le ministre de la Santé et des Services sociaux, François Legault, avait promis de tenir d'ici la fin janvier. Dans le meilleur des cas, cette journée aura lieu après la conférence fédérale-provinciale des premiers ministres les 4 et 5 février à Ottawa et on envisage même de l'annuler.

En présentant son plan d'action en santé à la fin novembre, M. Legault avait fait «le pari de la franchise» en s'engageant à présenter des pistes de solution pour remédier au problème de sous-financement de la santé. Son plan d'action montrait qu'un investissement de

1,8 milliard -- ou de 1,6 milliard par année sur une base récurrente -- était nécessaire pour remettre à flot le système de santé québécois. Cette journée de consultation publique, à laquelle on prévoyait convier les acteurs du réseau de la santé mais aussi des représentants de la société civile, devait permettre au ministre de dévoiler des «scénarios difficiles», selon ses propres termes.

Une des raisons évoquées pour justifier ce report, c'est que l'exercice apparaît d'emblée théorique dans la mesure où le premier ministre Jean Chrétien n'a pas encore dévoilé combien d'argent de plus Ottawa versera aux provinces pour la santé. «Après la conférence des premiers ministres, on va avoir un portrait clair», a-t-on expliqué au cabinet de M. Legault.

S'il est acquis que le gouvernement Landry entend créer une caisse-santé, regroupant toutes les sommes tirées du fonds consolidé et d'autres sources pour financer le système public, on ne sait pas comment il arrivera à financer -- ou à endiguer -- la spirale de la hausse des coûts, évaluée à 5,2 % par année, selon les données contenues dans le plan d'action. À l'approche des élections générales, on doute dans l'entourage de M. Landry qu'une liste des scénarios difficiles, qu'il s'agisse de la création d'une assurance-vieillesse, d'une taxe spéciale ou encore de la réduction de services, soit vraiment porteuse de capital politique pour le gouvernement. Qui plus est, Ottawa pourrait régler une bonne partie du problème en acceptant de réinjecter une somme substantielle, comme le recommande le rapport Romanow, soit quelque 1,2 milliard pour le Québec. «Il n'est pas garanti qu'on va la tenir», cette journée de consultation, a-t-on indiqué au cabinet de M. Landry.


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