Vente de Cartem Wilco à Rock-Tenn - Le Fonds FTQ récupérera presque huit fois sa mise
Mots clés : ftq, vente
Le Fonds de solidarité FTQ empochera gros dans cette vente de Cartem Wilco à l'Américaine Rock-Tenn. L'institution récupérera près de huit fois sa mise à l'occasion de ce désinvestissement, l'un des plus importants de l'institution. La transaction implique la vente de trois usines québécoises. Mais la complémentarité des activités et la feuille de route de l'acquéreur sont telles que l'on promet un impact haussier sur l'emploi.
Cartem Wilco compte sur des effectifs de 456 employés répartis entre deux filiales et trois usines, situées à Candiac, à Sainte-Marie-de-Beauce et à Longueuil. La première usine, agrandie récemment au coût de 20 millions, se spécialise dans la fabrication de boîtes pliantes destinées aux marchés pharmaceutique et cosmétique. Un segment longtemps convoité par Rock-Tenn, déjà présente au Québec avec une usine exploitée à Warwick sous le nom de Ling. Ce segment sera désormais dirigé par Pierre Beaudoin, l'actuel président de Wilco. Les deux dernières usines, regroupées sous la filiale Cartem, se concentrent dans la fabrication de boîtes pliantes destinées essentiellement à l'industrie alimentaire. Elles viendront compléter l'offre de Rock-Tenn, qui coiffe un chiffre d'affaires de 1,4 milliard $US et exploite plus de 70 unités de production.
Cartem Wilco dégage un chiffre d'affaires annuel de 100 millions. Quant à l'impact immédiat de la transaction, celle-ci aurait fait passer les ventes canadiennes de Rock-Tenn à 130 millions $US (sur une base pro forma) au cours de l'exercice clos le 31 décembre 2002, indique-t-on. Au chapitre de l'emploi, il n'y a pas de compression en vue. «C'est tout le contraire qu'il faut prévoir», a précisé Benoît Bourguignon, vice-président, Marketing, de Wilco. «Du moins, cela vaut pour Wilco. Pour les autres activités, il faut s'en remettre à la feuille de route de Rock-Tenn. Chez Ling, l'emploi a doublé depuis qu'elle en a fait l'acquisition.» C'était en 1990. L'usine a reçu des investissements de 60 millions depuis.
«Le mot qui revenait constamment lors des négociations, c'était croissance», a renchéri Pierre Genest, p.-d.g. du Fonds de solidarité. «L'entreprise acquise est très productive et elle dispose d'une bonne technologie. Eux [Rock-Tenn], ils possèdent un gros marché.» Et M. Genest d'insister: «Nous avons obtenu une garantie de sauvegarde, de maintien des emplois pour un an.»
7,6 fois la mise
Le Fonds de solidarité est actionnaire de l'entreprise acquise depuis 1989. À son arrivée, Cartem employait 88 personnes. Quelque 18 mois plus tard, en octobre 1990, elle se portait acquéreur de Wilco, gonflant l'effectif à 288, puis des Emballages Ecco. «Nous avons permis au Groupe Cartem Wilco de prendre son envol et de prospérer, mais dorénavant, le nouvel acquéreur est mieux placé que nous pour assurer sa croissance future», a ajouté M. Genest. «Notre retrait correspond donc aux meilleurs intérêts de l'entreprise, des personnes qui y travaillent, de l'économie québécoise et de nos actionnaires.» Un baume pour les 536 000 actionnaires du Fonds appliqué dans un environnement boursier autrement plus difficile.
Rock-Tenn a souligné qu'elle verserait, au comptant, 100,5 millions pour l'ensemble des actions émises et en circulation. Un prix de vente se voulant inférieur à sept fois le bénéfice avant amortissement, intérêt et impôts de Cartem Wilco pour l'exercice prenant fin le 28 février 2003.
Puisqu'au moment de la transaction, le Fonds de solidarité retenait une participation de 49 % pour un investissement total de 6,5 millions, l'institution recueille ainsi 49,2 millions, soit 7,6 fois sa mise ou une plus-value de 42,7 millions. «Historiquement, il s'agit de l'un de nos plus gros désinvestissements», a renchéri M. Genest. L'un des plus gros après les 265 millions venant de la vente de la participation du Fonds dans BioChem Pharma.

