Malgré les efforts du premier ministre Tony Blair - L'euroscepticisme déferle sur la Grande-Bretagne
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La probabilité d'un référendum britannique sur l'euro dès 2003 diminue
Londres -- La vague d'euroscepticisme continue de déferler sur la Grande-Bretagne, éloignant la perspective d'un référendum sur une adhésion à la monnaie unique en 2003, selon les analystes.Les électeurs apparaissent réticents à adopter l'euro et l'attention de M. Blair est actuellement tournée vers l'Irak, la menace terroriste et la promesse de redresser les services publics défaillants, soulignent les analystes pour expliquer le fait que l'euro soit relégué au deuxième plan des préoccupations du pays.
«Il est très peu probable qu'un référendum ait lieu cette année», estime Charles Jenkins, analyste au centre de recherche l'Economist Intelligence Unit. «Actuellement, il y a 50 % de chances que les tests économiques soient suffisamment favorables pour qu'un référendum soit organisé l'année prochaine.»
Le ministre des Finances, Gordon Brown, doit annoncer d'ici le 7 juin si une adhésion à l'euro est dans l'intérêt de l'économie britannique, en fonction de cinq tests de convergence définis en octobre 1997. M. Blair a promis de consulter les Britanniques sous la forme d'un référendum si ces tests sont positifs et la presse avait fait état d'une possible consultation dès l'automne 2003.
Une campagne
Or, selon le quotidien The Independent, M. Blair a déjà exclu la possibilité d'un vote sur l'euro en 2003, même si les tests économiques étaient favorables, afin d'avoir le temps de mettre sur pied une campagne efficace. «Nous devons prévoir un certain temps entre les tests économiques et le référendum», a indiqué un proche de M. Blair cité hier par le quotidien britannique.
Le Financial Times a publié pour sa part un sondage montrant que les grands patrons britanniques étaient désormais majoritairement hostiles à la monnaie unique, alors que 70 % y étaient favorables en 1997. Selon une étude de l'institut MORI réalisée auprès de 164 présidents ou directeurs généraux des plus grandes sociétés du pays, 50 % des dirigeants interrogés ne «soutiennent pas le principe d'une participation britannique» à l'euro, contre 42 % qui sont d'un avis contraire.
Le programme de passage à l'euro du gouvernement envisage une campagne de quatre mois pour convaincre l'opinion publique, mais selon un porte-parole de Downing Street, «rien n'est gravé dans la pierre».
De nombreux experts estiment qu'il faudra encore des années pour que la Grande-Bretagne adhère à l'euro. Le pays risque d'être le seul pays membre de l'Union européenne à rester hors de la zone euro alors que la Suède a prévu un vote en septembre et le Danemark envisage un autre référendum en 2004 ou 2005. «Une adhésion est tout à fait improbable cette année, l'année prochaine, ou même l'année d'après», indique Michael Saunders, économiste à la banque Schroder Salomon Smith Barney.
Mais selon lui, le gouvernement devrait éviter d'affirmer que les cinq tests ne sont pas remplis, pour sauvegarder son image pro-européenne. «Ce sera: nous y sommes presque, mais pas tout à fait, estime-t-il. Le message reçu par l'opinion britannique sera «on n'adhère pas», le message que le gouvernement espère faire passer à l'étranger est «mais on n'en est pas loin».

