Technologie: MS Office 11, quelle logique?
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Déjà que les versions actuelles de MS Office sont de véritables turbines à gaz dont ses utilisateurs ont peine à exploiter plus 10 % de la puissance disponible, quelle logique y aurait-il à investir dans la future suite bureautique de Microsoft? Je vous le demande, comme ça, en passant. Hop!
Par exemple, parlons d'un système d'exploitation comme Windows 2000. Prenez les précautions d'usage en appliquant toutes les rustines disponibles, et vous aurez entre les mains un système d'exploitation qui, très rarement, vous laissera tomber. À certains égards, je dirai qu'il est même mieux que Windows XP, dont il partage le moteur, sans en avoir tout le fla-fla.
De même, mais dans un tout autre ordre d'idée, la console de tonton Billou, la Xbox, est aussi une réussite sur tous les plans. Quelle machine de jeu! La suite bureautique MS Office est aussi un produit difficile à prendre en défaut, même si à l'occasion, je regrette de ne pas avoir cette caractéristique tellement pratique et qui fait le bonheur des utilisateurs de Word Perfect, à savoir, montrer les codes. On pourrait aussi déplorer que l'oncle Bill n'ais pas adopté le slogan déclamé avec tant d'élégance par Serge «30 mots à la seconde» Bélair, «là où la qualité n'est pas un obstacle aux bas prix».
Pourquoi?
Sincèrement, et avec tout le respect que je dois à mes amis de Microsoft, je me demande sincèrement ce qui pourrait pousser une entreprise et un particulier à investir plusieurs centaines de dollars dans la mise à jour d'un produit qui, déjà, est amplement suffisant par la quasi-totalité de ses usagers. Mais voyons voir de quoi il en retournera.
Selon Microsoft, cette nouvelle version de MS Office devrait s'illustrer par ses capacités de communication et d'interconnexion. Ainsi, dans sa prochaine incarnation, Office 11 devrait intégrer XML, un langage devant faciliter l'échange de données (aucun effort toutefois pour offrir un véritable format de fichiers bureautique ouvert et libre, tel que celui sur lequel planchent les membres du comité Oasis OpenOffice), .NET, qui vise à offrir une plateforme commune à l'utilisation d'applications et de services Web sur une grande variété d'appareils; en plus de compter sur SharePoint, une technologie qui, au dire de Microsoft, permettrait aux utilisateurs de sa future suite bureautique de pouvoir travailler conjointement sur un même document sans devoir échanger par courriel les différentes versions d'un document donné. Yeah! Je crois rêver.
On se pressera
À la lecture de cette nomenclature, je subodore que Monsieur Tartempion et madame Tartalacrème ne se peuvent plus d'attendre pour casquer les 100 ou 200 $ nécessaires pour mettre leur version d'Office à jour même si, dans les faits, ils arrivent à peine à exploiter 10 % des fonctionnalités des versions actuelles. Mais j'imagine que la mention des mot XML et .NET a dû les rendre totalement gagas.
J'imagine aussi que la majorité des petites et moyennes entreprises qui peinent à chaque mois pour boucler leurs budgets se retiennent à deux mains pour ne pas faire un chèque en blanc à Microsoft et réserver leur mise à jour alors qu'eux aussi ont peine à exploiter toutes les caractéristiques actuellement disponibles dans leurs versions de MS Office.
Tant qu'à rester dans le domaine des bonnes nouvelles, précisons que pour se procurer et installer la suite Office 11 de Microsoft, vous devrez jeter par la fenêtre votre version actuelle de Windows, si vous utilisez Windows 95, 98, ME ou NT. Sans Windows 2000 et Windows XP, point de salut, la future suite Office 11 vous méprise et refuse de continuer à discuter avec vous.
Oh, je n'en doute point, Office 11 se vendra sûrement très bien, moins qu'Office XP, mais bien malgré tout. Par exemple, j'en suis sûr, on se pressera dans les officines gouvernementales de réclamer à hauts cris cette nouvelle version de MS Office parce queÉ parce que quoi d'ailleurs? Bah, de toute façon, est-ce vraiment important, après tout, ce ne sont que vous et moi qui payons pour le tout. Bref, j'ai beau chercher, me fouiller, et je me demande encore quelles sont les raisons logiques et économiques qui feraient qu'une personne ou une société le moindrement proche de ses sous, et consciente de la valeur des choses, pourraient investir dans la prochaine suite bureautique de Microsoft alors que le produit actuel est tout ce qu'il y a de plus irréprochable et répond aux besoins d'une quasi-totalité d'utilisateurs. Dites, vous en connaissez, des bonnes raisons?
mdumais@ledevoir.com

