Washington calme le jeu face à la Corée du Nord
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«Nous ne pensons pas qu'une atmosphère de crise se développe», dit Colin Powell

Photo: Agence Reuters
«Nous l'avons répété, le président aussi: personne ne va attaquer la Corée du Nord», a affirmé sur ABC le chef de la diplomatie américaine en mettant en avant le fait que Washington voulait «maintenir la communication» avec Pyongyang.
Des déclarations volontairement apaisantes qui n'ont pas empêché la Corée du Nord d'accuser hier Washington de se livrer à des «menaces» et à un «chantage» sur la question du nucléaire et à chercher «à nous détruire avec des armes nucléaires», dans un communiqué diffusé par l'agence officielle nord-coréenne KCNA.
La Corée du Nord a été largement condamnée par la communauté internationale pour avoir annoncé le 12 décembre le redémarrage d'un programme nucléaire qu'elle avait gelé en 1994 aux termes d'un accord passé avec les États-Unis pour éviter qu'elle ne produise du plutonium à usage militaire.
Vendredi, Pyongyang a également annoncé sa décision d'expulser les inspecteurs de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA).
«Nous pensons qu'il y a d'autres moyens auxquels nous pouvons avoir recours en cette période grave à part menacer quelqu'un avec une arme», a cependant poursuivi M. Powell sur la chaîne CBS.
Il est selon lui préférable de «prendre en compte les vues de nos amis sud-coréens qui ne sont pas impatients de voir une crise éclater durant cette période de transition d'un président à un autre», de même que les opinions des Japonais, des Russes et des Chinois.
Le secrétaire d'État a toutefois pris soin de souligner sur Fox News que le président George W. Bush «gardait toutes ses options».
«C'est un problème grave. Nous le prenons au sérieux. Mais nous ne pensons pas qu'une atmosphère de crise se développe», a souligné le chef de la diplomatie américaine sur la même chaîne.
Le secrétaire d'État a précisé que son adjoint James Kelly se rendra en Corée du Sud le mois prochain pour parler avec les alliés des États-Unis, mais qu'il n'avait pas prévu de rencontrer les responsables nord-coréens. «Nous pensons qu'il est très important, dans la situation grave que nous vivons, de rester proche de nos amis et alliés», a souligné Colin Powell sur la chaîne Fox.
Le secrétaire d'État a en outre ajouté que, selon des informations obtenues en octobre par les États-Unis, la Corée du Nord avait repris son programme d'armement nucléaire sous l'administration de Bill Clinton, c'est-à-dire avant 2001. «Ce programme n'a pas commencé sous l'administration Bush», a-t-il tenu à rappeler. «Nous avons hérité de ce problème.»
M. Powell a également confirmé l'intention de Washington d'exercer une forte pression économique sur Pyongyang si la Corée du Nord refuse d'abandonner ses projets nucléaires. «C'est un pays dans une situation désespérée», a-t-il affirmé, avant de demander: «Que vont-ils faire avec deux ou trois autres armes nucléaires, alors qu'ils meurent de faim, qu'ils n'ont ni des ressources énergétiques, ni une économie qui marche?»
L'AIEA a d'ores et déjà fait valoir sa volonté de maintenir ses inspecteurs en Corée du Nord, car les experts craignent que Pyongyang ne détienne déjà l'arme nucléaire.
Les États-Unis avaient révélé en octobre que les Nord-Coréens avaient appris l'existence d'un programme nucléaire parallèle clandestin et suspendu l'application de cet accord.
Depuis, ils ont retiré des caméras de surveillance de l'AIEA et brisé les scellés sur un dépôt de 8000 barres de combustible irradié, qu'ils apportent depuis mercredi au réacteur de Yongbyon.
Vendredi, la Corée du Nord a également annoncé la réouverture prochaine d'un laboratoire voisin où, jusqu'en 1994, les barres de combustible étaient retraitées pour en extraire le plutonium fortement enrichi, après leur utilisation dans le réacteur.
La question de la Corée du Nord est également un sujet de polémique entre démocrates et républicains, les premiers, par l'entremise notamment du sénateur Joseph Lieberman, accusant les seconds de ne pas être suffisamment fermes sur ce dossier.
«Il est fascinant de constater que cette administration qui est souvent critiquée pour vouloir prendre les armes est aujourd'hui critiquée pour ne menacer personne avec une arme», a pour sa part ironisé le chef de la diplomatie américaine.
Priorité: le terrorisme
Crawford, Texas (AP) -- Une note interne de la Maison-Blanche place «la guerre contre le terrorisme [suite]» et la sécurité intérieure en tête de la liste des sujets prioritaires de George W. Bush pour 2004, année électorale. C'est le dernier signe, estiment ses détracteurs, de la volonté des conseillers du président américain de tirer politiquement profit des attentats du 11 septembre 2001.
Ce document, une simple page qui dresse la liste des «possibles» sujets pour 2004, qui marquera la campagne de réélection de George W. Bush, a été discuté ce mois-ci lors d'une réunion à la Maison-Blanche, présidée par le chef de cabinet Andrew Card, destinée à affiner le programme législatif du président pour 2003, ont rapporté à l'Associated Press plusieurs hauts responsables de la présidence.

