«Allo Président»

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AFP
Édition du lundi 30 décembre 2002

Mots clés : chavez

Des milliers de Vénézuéliens ont manifesté pour un 28e jour consécutif contre leur président Hugo Chavez, hier à Caracas.

Photo: Agence Reuters

Caracas -- Le Venezuela dont la production pétrolière est relancée de manière encore très partielle a vécu hier, au 28e jour de grève générale, au rythme d'une nouvelle grande marche de l'opposition à Caracas et du «show» télévisé d'Hugo Chavez dans son émission dominicale «Allo Président».

Avec un synchronisme presque parfait, le président populiste de gauche a débuté son émission hebdomadaire à midi, sur la chaîne de la télévision d'État, au moment même où des milliers de manifestants se rassemblaient dans différents quartiers de Caracas. Les trois principales chaînes privées de télévision qui soutiennent officiellement le mouvement de grève générale déclenché le 2 décembre, montraient pour leur part des images du début des manifestations. Hugo Chavez avait cette fois installé son studio en plein air, dans la raffinerie de pétrole Yagua (100 km à l'est de Caracas), avec pour décor le parc des camions-citerne du complexe.

À chaque départ des camions censés aller approvisionner les stations-service frappées par la pénurie de carburant, M. Chavez a salué sous les applaudissements d'un public conquis, les efforts réalisés par son gouvernement pour reprendre le contrôle de la situation. «Il s'agit d'une lutte pour sauver la patrie. Un combat qui nous oppose, nous les patriotes, à des traîtres qui poignardent le coeur de notre pays», a-t-il lancé dès le début de l'émission «Allo Président» qui, selon les jours, peut durer jusqu'à cinq heures.

Répondant aux questions de téléspectateurs, posées en direct par téléphone, le président Chavez a expliqué également son action «menée au nom de la révolution bolivarienne qui n'est pas celle de Chavez mais de tout le peuple vénézuélien».

À Caracas, s'appuyant sur une organisation rodée par quatre semaines d'expérience, les rassemblements pour une «marche de la victoire» ont commencé à se former peu avant midi. Plusieurs défilés devaient se retrouver sur l'avenue Victoria, dans le sud de la ville, où étaient distribués des manuels de «désobéissance civile».

L'opposition qui réclame inlassablement la démission du président Chavez et de nouvelles élections, a également annoncé la tenue d'un grand rassemblement dans Caracas, dans la nuit du réveillon du Nouvel An. La crise politique que traverse le Venezuela semble chaque jour s'enliser un peu plus alors le gouvernement a annoncé une reprise partielle de la production pétrolière.

Selon Ali Rodriguez, président de la compagnie pétrolière publique Petroleos de Venezuela (PDVSA), la production actuelle se situe entre 600 000 et 700 000 barils/jour.


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