Santé: Le sexe, aahh...
Mots clés : condom, protection
Maintenant que nous avons pris la mesure de l'antiaméricanisme dans le monde, un fabricant de condoms a eu l'idée de prendre la mesure de... Non, pas ça, petits farceurs! J'allais dire: de nos moeurs sexuelles. 50 000 internautes -- déjà, c'est un biais, ça, non? --, 50 000 amis du Net ont tout révélé à Durex, croix de bois, croix de fer.
Brad Pitt et Jennifer Lopez -- talonnée de près par Angelina Jolie -- sont les plus sexy au monde. J'aurais pensé Austin Power. C'est bien la preuve que c'est rasoir, les sondages! J'ai laissé la sociologie à l'université quand j'ai réalisé que sans colonnes de chiffres, rien ne se pouvait penser. C'était pareil en psycho, j'ai fini en communication. On fait ce qu'on peut. Alors, quand je lis que nos amis à la réputée baguette font ça 167 fois par année, je hausse le sourcil. Comptez-vous, vous? Tant de fois par semaine multiplié par tant de semaines, ah!, et les vacances d'été, fréquence augmentée, ou la période des Fêtes, tiens, et la semaine au chalet. Total... débile. À ranger avec les modes d'emploi, dans le placard.
Pourtant, quand les chiffres de Durex m'apprennent que quatre branchés sur dix ne se protègent pas lorsqu'ils ont un nouveau partenaire, je me dis qu'ils devraient savoir, ceux-là entre tous, que les maladies s'attrapent aussi dans l'intimité. Combien de MTS -- on dit maintenant ITS, «I» pour «infections» -- au Québec? Trop. Jeunes femmes entre 15-24 ans en danger. 15-19 ans en grand danger. Message? La première fois, ou les premières fois, on ne se protège pas. Risque de grossesse en prime. Aïe.
En parlant avec une doctoresse en santé publique, j'ai réalisé ce que je sais: on ne peut pas séparer la sexualité de la vie. Si un jeune est dans une famille où il est aimé et respecté, où on s'occupe de lui, il a «plus de chances d'être moins à risque». C'est la maturité affective qui est la première enveloppe protectrice. La santé physique, c'est la santé affective + la santé mentale + la mécanique du corps. Ça ne se sépare pas.
L'école? Si j'en crois la popularité de la Torontoise Sue Johanson à la télé et dans les auditoriums des collèges canadiens, une infirmière déconstipée est la meilleure personne pour passer des messages d'éducation et de prévention. Pensez à Janette Bertrand avec un petit côté Lucille Ball, version médicale. Sue, qui a l'air d'une mémé cool, fait ça depuis 30 ans. Ça lui a valu, tenez-vous bien, une médaille de l'Ordre du Canada! Elle ne passe pas par quatre chemins et ne se fait pas charrier par les petits drôles. Ça marche tellement que les Américains lui ont demandé une version sur mesure pour leur télé.
Je me dis donc que ça prendrait des infirmières cool dans les écoles, systématiquement, pour parler de condoms et de contraception. Comment on s'en sert, où on en achète, comment on en discute avec celui qui nous met en émoi. Car on aura beau dire aux jeunes que la première fois, on en parle avant de le faire et qu'on fait ça avec une personne avec laquelle on est à l'aise d'être gêné, le mieux est encore d'être pragmatique. Soyons réaliste: parler, c'est l'idéal; faire, c'est ce qui se fait. Et vous savez quoi? On a besoin des Sue Johanson de ce monde. Elle déculpabilise même les parents! Elle dit qu'elle se fout de ce que les jeunes font, elle peut donc leur parler de tout -- mais elle est inquiète pour sa fille, et ça change tout. Voyez, on ne s'en sortira pas sans une meilleure éducation sexuelle à l'école, même si les parents font leur effort -- avez-vous déjà essayé d'en parler avec votre ado sans vous faire rabrouer?
Et on ne veut pas finir par parler des ITS au souper, même si, parmi les bonnes choses de la vie, les médicaments sont gratuits dans ces cas-là. Parmi les dégueulasses, la chlamydia est pas mal. Les jeunes femmes, surtout, en font l'expérience. Beaucoup de médecins sont chouettes avec les jeunes: confidentialité, compréhension, information. La chlamydia étant quasiment asymptomatique, encourager notre ado à une visite de routine chez le doc n'est peut-être pas une mauvaise idée...
On fait tout un plat avec la jeunesse, mais ces messieurs ne sont pas en reste. La gonorrhée a fait un bond de 120 % et la syphilis monte en flèche, surtout chez les gais.
On baisse la garde pendant les petites fêtes de Noël et il n'y a pas toujours un condom à la banane au fond de la coupe de champagne... C'est comme ça que les bibittes en profitent, un vrai party! Je vous souhaite de bien joyeuses Fêtes.
- Pour les jeunes: http://www.csrenelevesque.qc.ca/mts/
- Les gynécologues du Canada http://masexualite.ca/fre/index.cfm
- Le sondage: www.durex.com

