Un ancien grand chef autochtone tient des propos haineux contre les Juifs - Des accusations pourraient être portées contre Ahenakew

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Édition du mardi 17 décembre 2002

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Matthew Coon-Come, le grand chef de l'APN, a condamné les propos tenus par l'un de ses prédécesseurs, David Ahenakew.

Photo: Agence Reuters

Regina -- Le gouvernement de la Saskatchewan a demandé, hier, une enquête de la GRC afin de faire la lumière sur des propos haineux tenus par un ancien chef de l'Assemblée des premières nations qui aurait fait l'apologie du génocide dont ont été victimes les Juifs pendant la Deuxième Guerre mondiale.

David Ahenakew, ancien grand chef de l'Assemblée des premières nations (APN) et membre de l'Ordre du Canada, a attaqué les Juifs et les asiatiques lors d'une allocution, vendredi, faisant flèche de tout bois à leur endroit.

À un journaliste qui lui a demandé de clarifier ses propos, M. Ahenakew a expliqué que les nazis ne voulaient que «nettoyer le monde [des juifs]» et qu'«[Adolf] Hitler avait eu raison de vouloir en "cuire" six millions».

Le ministre de la Justice de la Saskatchewan, Chris Axworthy, a annoncé hier qu'il avait demandé à la GRC d'ouvrir une enquête afin d'évaluer la possibilité de porter des accusation criminelles à l'endroit de M. Ahenakew.

«Ce sont là les commentaires publics les plus outranciers qui aient été dits depuis longtemps en Saskatchewan», a commenté M. Axworthy.

Quant au premier ministre de la province, Lorne Calvert, il a qualifié les propos de M. Ahenakew «d'offensants et d'inappropriés».

«L'opinion exprimée par M. Ahenakew ne représente pas celle des gens de la Saskatchewan. Elle ne représente pas celle des autochtones de notre province», a-t-il déclaré.

Les chefs de la Fédération des nations indiennes de Saskatchewan (FNIS), qui l'avaient invité vendredi, se rencontreront aujourd'hui pour discuter des sanctions à l'endroit de M. Ahenakew.

Le chef de la FNIS, Perry Bellegarde, a déclaré hier qu'il recommanderait que David Ahenakew soit dépouillé de la présidence du sénat de la FNIS.

«Nous lui demanderons de clarifier ses commentaires, a dit M. Bellegarde, selon qui la demande n'a pas donné de résultats jusqu'ici. Il ne veut pas corriger ou clarifier ses commentaires. Il ne me reste plus qu'à [le démettre], puisque nous avons toujours prôné la coexistence pacifique et le respect des autres nations et des autres religions. [Ses commentaires] sont un affront et ne sont pas acceptables.»

Le président du Congrès juif canadien, Keith Landy, a déclaré que ces commentaires étaient l'une des pires expressions de haine qu'il ait jamais entendues au Canada et a réclamé qu'on révoque le statut de M. Ahenakew au sein de l'Ordre du Canada.

«On pourrait penser que ça vient de quelqu'un qu'on peut facilement balayer du revers de la main, mais considérant [l'ascendant] qu'il a au sein de la communauté autochtone, on ne peut passer l'éponge», a ajouté M. Landy.

Matthew Coon-Come, grand chef de l'APN, a déclaré que ces commentaires étaient «inacceptables» et qu'ils étaient «moralement offensant», propos qui ont trouvé écho auprès de plusieurs membres de la communauté autochtone du Canada.

«L'APN veut promouvoir un dialogue positif et constructif entre les autochtones et tous les Canadiens», a relaté M. Coon-Come, pour qui les commentaires de M. Ahenakew nuisent à de tels efforts.

Quant à Stephen Harper, leader de l'Alliance canadienne et chef de l'Opposition à la Chambre des communes, il préconise également d'éventuelles accusations. «Certains des commentaires, s'ils s'avèrent exacts, se rapprochent terriblement d'une incitation au génocide et de sa justification.»


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