Une initiative inspirée de New York et de Boston - Vers un guichet culturel unique à Montréal
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Une billetterie centralisée sera installée autour de la Place des Arts l'été prochain
Tout est en place pour que Montréal ait sa billetterie centralisée pour les arts et spectacles. Le guichet unique permettra aux touristes et aux résidents de se procurer de l'information et des billets pour tous les spectacles et toutes les expositions à l'affiche sur l'île. Comme à New York ou Toronto, on pourra aussi y acheter des places à prix réduits pour les représentations du jour même.Ce projet est piloté par Tourisme Montréal depuis deux ans. Les pourparlers vont bon train avec Québec qui devrait financer en partie l'entreprise évaluée à environ 500 000 dollars la première année. L'objectif est d'en faire une mécanique autofinancée en cinq ans.
«Montréal se vend comme métropole culturelle, mais l'offre d'activités culturelles demeure somme tout assez peu facilement accessible», explique Pierre Bellerose, vice-président pour la recherche et le développement de Tourisme Montréal. «Beaucoup de grandes villes du monde se sont dotées d'un tel outil qui devient vite rentable pour tout le monde. Maintenant, ici aussi, tout semble mûr pour que le fruit tombe.»
L'idée tente Montréal depuis au moins deux décennies. En 1987, une première étude de faisabilité proposait de créer un guichet de billets à moitié prix pour les spectacles du jour. Malgré le taux élevé de places invendues, le milieu des arts de la scène (et en particulier celui du théâtre) s'était opposé à l'entreprise jugée «cannibalisante». D'autres initiatives ont échoué, jusqu'à ce qu'un colloque sur le thème du tourisme culturel relance à nouveau l'idée, en novembre 1998.
Le ministère de la Culture a ensuite donné à Tourisme Montréal le mandat de vérifier la pertinence de la billetterie centralisée en consultant les milieux concernés, à commencer par la scène, évidemment. L'organisme a commandé une étude de faisabilité. «La ministre s'est dite très satisfaite [du fait] qu'un nombre important d'institutions culturelles se soient ralliées autour de ce projet porteur pour le milieu culturel», déclare une porte-parole du ministère.
Vitrine culturelle
La partie comparative de l'enquête renvoie à trois modèles: New York et Boston, qui ont leur billetterie unique depuis le milieu des années 1970, et Toronto qui a la sienne depuis vingt ans. Dans les trois cas, afin d'éviter les conflits d'intérêts, des organismes sans but lucratif gèrent le guichet de vente des billets plus ou moins réduits. Arts Boston et la Toronto Theatre Alliance font, en plus, connaître les activités culturelles de leur ville de manière large et ouverte, par exemple par l'entremise de proposition de circuits patrimoniaux.
«Nos études et nos consultations montrent que Montréal est prête pour une billetterie de la dernière génération, dit M. Bellerose. On parle plutôt d'une vitrine culturelle, développée autour de trois axes: promotionnel, informationnel et commercial. Il faut donc un lieu très clairement identifié, qui offre des informations précises et approfondies sur les activités culturelles et qui vend des billets à prix réduit.»
L'expérience montre que les soldes pour les spectacles du jour n'influent pas sur le niveau des abonnements des grandes salles et profitent davantage aux lieux de diffusion plus marginaux. «Les locomotives comme le Cirque du Soleil servent finalement les compagnies plus petites», résume le vice-président.
Tourisme Montréal espère embaucher dès janvier un chargé de projet qui créera l'OSBL et planifiera dans le détail la mise sur pied de la vitrine autour du printemps 2003. Un conseil d'administration, où siégera le milieu culturel, prendra alors le relais.
Le premier kiosque sera probablement déployé avant l'automne prochain. Il pourrait se trouver pour un temps sur l'esplanade de la Place des Arts. Il faudra ensuite décider d'un emplacement permanent, peut-être au sein de la Maison de l'OSM ou du Centre Spectrum, tous deux en construction rue Sainte-Catherine.

