Le pétrole atteint son plus haut niveau depuis deux mois

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AFP
Édition du mardi 17 décembre 2002

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La grève au Venezuela et les menaces de guerre en Irak font bondir les cours

Un soldat surveille une station service de Caracas. La grève au Venezuela a entraîné une pénurie d'essence au pays, mais est aussi en partie responsable de l'envolée actuelle des cours du brut.

Photo: Agence Reuters

New York -- Les cours du pétrole ont bondi hier sur le marché à terme de New York, dépassant les 30 $US par baril à la clôture pour la première fois depuis la mi-octobre à cause de la grève au Venezuela et de craintes ravivées d'une guerre avec l'Irak.

À New York, le baril de brut de référence (light sweet crude) pour livraison rapprochée en janvier a clôturé en hausse de 1,69 $US à 30,13 $US.

Les investisseurs estimaient que la poursuite de la grève générale au Venezuela, qui dure depuis 15 jours, était la principale raison de l'envolée du brut. La grève paralyse les exportations de pétrole du pays, 8e producteur et 5e exportateur mondial de brut, notamment vers les États-Unis. «Les gens commencent à se rendre compte que la situation au Venezuela est critique», a déclaré Bill O'Grady, analyste de la maison de courtage AG Edwards. «Personne ne s'attendait à ce que cette grève dure aussi longtemps», a renchéri Steve Bellino, directeur du risque énergétique chez Fimat USA.

Déterminé à se maintenir au pouvoir, le président vénézuélien Hugo Chavez a lancé dimanche une offensive généralisée contre l'opposition et les grévistes du secteur pétrolier, au lendemain d'une manifestation massive à Caracas pour le pousser à la démission.

Hugo Chavez a également annoncé la reprise des exportations de pétrole du Venezuela, faisant état de l'exportation de deux millions de barils de pétrole au cours des trois derniers jours.

«Le marché n'en tient pas compte, il ne voit que des images de chaos», a ajouté M. Bellino, précisant que les investisseurs ne pensaient pas le pétrole sortant du Venezuela était suffisant pour alimenter normalement le marché.

Les États-Unis importent habituellement 1,3 à 1,4 million de barils de brut par jour du Venezuela, l'un de leurs trois principaux fournisseurs de pétrole.

En Irak

Qui plus est les craintes d'une guerre en Irak se ravivaient hier après les déclarations de responsables américains. Le secrétaire d'État américain Colin Powell a estimé hier que les analyses préliminaires de la déclaration sur les armements irakiens poussaient au «scepticisme» sur les intentions de Bagdad.

«Quant aux déclarations de Powell, venant de sa part, elles sont très sérieuses», a jugé M. O'Grady. «Si la situation ne s'améliore pas pendant la semaine qui vient, les prix vont continuer à monter.»

Dernier facteur de soutien des cours: la décision de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) la semaine dernière de réduire sa production effective de 1,7 million de barils par jour. Le président de l'OPEP Rilwanu Lukman, s'est déclaré inquiet hier à Vienne de la menace de guerre en Irak et de la grève générale au Venezuela et des éventuelles répercussions de la situation dans ces deux pays sur le marché pétrolier.


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