Oeuvres d'art - Anatomie d'un art qui se fait parfois discret

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Bernard Lamarche
Édition du samedi 30 novembre et du dimanche 01 décembre 2002

Mots clés : urbanisme, art

L'ancien Palais des congrès était truffé d'une quinzaine d'oeuvres d'art intégrées à l'architecture. L'art fourmille en ces lieux, mais une tout autre approche a été adoptée pour le nouveau Palais. Plutôt qu'une myriade de petits projets, ce sont deux projets d'envergure qui ont été commandés. Petite anatomie d'un art qui se fait parfois discret.

Le nouveau Palais des congrès a été pensé entièrement pour devenir un signal fort dans le tissu urbain. Ainsi, les oeuvres commandées dans le cadre du Programme d'intégration de l'art à l'architecture devaient-elles, pour ce chantier, remplir cette fonction. Selon Michel Languedoc, architecte en charge de la construction du Palais, «tout part de la mission du Palais, qui en est une d'échange et de communication entre tous les groupes d'individus. Ce qui caractérise cet échange, c'est qu'il est transitoire. Les gens dans le Palais sont toujours en transit».

Les architectes du nouveau Palais des congrès ont voulu éviter ce casse-tête qu'est la dissémination d'oeuvres dans un édifice aussi considérable. «On n'a pas voulu faire comme dans l'ancien Palais. Il y avait plusieurs oeuvres, c'était cacophonique. On est pris avec des oeuvres qui vieillissent très mal. Par exemple, l'oeuvre de Vaillancourt est fortement endommagée. On ne voulait pas revivre cela.» De concert avec le ministère de la Culture, la Société immobilière du Québec et le Palais des congrès, il a été question d'implanter une seule oeuvre. «Par contre, avec le coût de l'agrandissement, avec le recouvrement de l'autoroute et les stationnements, on s'est retrouvé avec un montant important qui n'avait jamais été remis à un artiste. Un artiste qui reçoit un tel montant doit être gestionnaire, homme d'affaires, technicien, producteur. On pensait que le fait de mettre un montant aussi important [plus de 400 000 $] sur une seule oeuvre n'était pas très sage.» Il a été donc été préféré de décomposer la somme et de l'investir dans deux pièces.

Transition

La première oeuvre commandée, visible de la rue de Bleury, devait être un diptyque pour occuper deux sites. «Cette oeuvre est vraiment orientée vers l'échange et la communication», souligne l'architecte. L'équipe gagnante est formée de Michel Lemieux et de Victor Pilon, les concepteurs du récent spectacle Anima, mais aussi du défilé du 350e anniversaire de Montréal, pour ne nommer que ces réalisations, qui ont travaillé avec l'artiste visuel Jean-François Cantin et l'architecte Martin Leblanc, de l'agence N.O.M.A.D.E. La partie de l'oeuvre visible de la rue vient trancher avec les couleurs de la verrière pastel. Comme un écran animé, une main cherche à toucher un visage, dans une image dont la facture rappelle celle de la vidéo.

La seconde partie du diptyque consiste en une paroi séparant les activités protocolaires des secteurs commerciaux de l'édifice. Un rideau métallique a été installé, qui vient buter sur une cloison de verre. Cette cloison va permettre aux congressistes de se déplacer du hall de Bleury au hall Viger sans avoir à circuler dans les espaces d'activités courantes.

La seconde oeuvre commandée devrait «servir le Palais» et son architecture. Pour les architectes, cette oeuvre devait se rapprocher en esprit du land art. «Anciennement, dans le Palais existant, il y avait une vue splendide sur Montréal depuis la salle de bal tout en haut. À la brunante, la vue était spectaculaire», rappelle l'architecte. Avec le Palais agrandi et le nouveau hall de Bleury, un volume et une toiture importante ont été érigés devant la salle de bal. La surface de la toiture est de 45 000 pieds carrés. «Il fallait trouver un moyen de retrouver notre perspective d'antan et de faire à nouveau de cette vue une vue spectaculaire.» Ce sont ces paramètres qui ont mené à définir le programme de l'oeuvre à produire. Le concours a été remporté par Francine Larrivée, dont le travail à la frontière de la sculpture, des arts visuels et de l'aménagement paysager est reconnu.

Visite guidée

Des 15 oeuvres du Palais des congrès actuel, celle du regretté sculpteur Charles Daudelin est sans doute la plus largement remarquée. Créée en 1983 pour se marier à l'architecture du Palais et en animer l'extérieur au coin des rues Saint-Antoine et Saint-Urbain, Éolienne V bouge au gré du vent, portée par sa structure mobile en acier.

Cette sculpture est sans doute la plus évidente -- quoique son environnement ne soit pas des plus docile. Saviez-vous toutefois que des portes, des tapisseries et d'autres sculptures encore habillent l'intérieur de l'édifice? Parmi ces oeuvres, peut-être une des plus ambitieuses du lot, celle de Micheline Beauchemin, Ailes couleur du temps, nuage de soleil (1984), est une structure de 7000 tiges d'aluminium suspendues au plafond du hall d'accueil Viger. Quatre des portes des salles du Palais des congrès ont été réalisées par des artistes, dont le plus connu est Armand Vaillancourt. Lucie Laporte et Joseph Marcil, Jean-Pierre Legros et Carol Grenon ont aussi fourni les leurs.

Gabriel Guérin, Louise Plamondon, Denise Philippon et André Mongeau ont également signé des oeuvres. Encore, les pièces Marielle Rousseau-Vermette, d'Yvon Soucy et La Sculpture-horloge, de ouvrage d'Olga Zeldakova en collaboration avec Denis Matte, sont encorte visibles. Deux pièces nele sont plus, soit L'écharpe d'Iris de Denise Beaudin-Couture et Strobique, de François Dallegret, une oeuvre cinétique.


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