Ottawa et Québec viendront en aide à une Québécoise blessée à Bali

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PC
Édition du lundi 11 novembre 2002

Mots clés : bali

Ottawa -- Ottawa paiera les frais médicaux et de transfert de Sophie Sureau, une Québécoise blessée lors de l'attentat terroriste de Bali, en Indonésie, a confirmé le ministère des Affaires étrangères du Canada, hier. La Québécoise avait été gravement blessée dans l'attentat qui avait tué près de 200 personnes dans une discothèque, le 12 octobre.

Une porte-parole du ministère, Kimberly Phillips, a aussi indiqué que la Régie de l'assurance maladie du Québec couvrira les frais médicaux de Sophie Sureau à son retour.

«Nous n'avons pas un fonds d'aide [aux victimes] d'attentat terroriste mais si un tel incident survient, nous tentons de venir en aide aux familles, cas par cas», a-t-elle dit.

Le gouvernement canadien a garanti à celui de Singapour, où est hospitalisée Mme Sureau, que tous les frais médicaux seraient payés, a ajouté Mme Phillips.

Quelques heures plus tôt, la famille Sureau et la Croix-Rouge, avaient demandé l'aide de la population afin de couvrir les frais médicaux et de rapatriement de la jeune femme.

Pas de collecte de fonds

Devant la tournure des événements, la famille et la Croix-Rouge ont mis un terme à la collecte de fonds. Le directeur de la division Québec de la Croix-Rouge, Conrad Sauvé, a aussi indiqué que les gens qui avaient déjà versé des dons seraient remboursés.

Le père de la victime, Réal Sureau, qui, hier après-midi, n'avait toujours pas obtenu une confirmation du ministère des Affaires étrangères, se disait soulagé par la décision gouvernementale. «Je trouve que c'est une excellente nouvelle. Je ne m'attendais pas à une réaction aussi rapide», a-t-il déclaré. Il aurait cependant préféré que le ministère lui confirme personnellement la nouvelle plus tôt.

M. Sureau a évalué à plus de 100 000 $ le coût des soins médicaux de sa fille depuis son

hospitalisation.

Par ailleurs, il a dit souhaiter que le gouvernement fédéral mette sur pied un fonds, comme il en existe dans d'autres pays, pour aider les Canadiens blessés dans des attentats terroristes à l'étranger.

Il a fait cette demande «pour aider les futures victimes», a-t-il dit.

Dans les jours qui ont suivi l'attentat à Bali, la France, l'Australie, la Suède, le Japon et l'Irlande étaient au nombre des pays qui ont évacué leurs ressortissants hors d'Indonésie pour les faire soigner. Le gouvernement canadien, lui, n'a rien fait parce qu'il n'a pas de politique en vigueur, affirme M. Sureau.

La Régie de l'assurance maladie du Québec ne paye pas ses frais médicaux à l'étranger parce que la jeune femme vivait hors de la province depuis plus de six mois. Mais des fonctionnaires ont fait savoir hier que ses frais médicaux seront couverts à compter de son retour au pays, même si elle a vécu au Brésil pendant trois ans.

Frais non couverts

par l'assurance

Les frais médicaux de Mme Sureau n'étaient pas couverts par la police d'assurance de son employeur, à cause d'une clause d'exclusion en cas de terrorisme.

«Sophie est la victime d'un employeur dont la compagnie d'assurance refuse de payer pour l'évacuation et les frais médicaux, et il y a déjà une dette de 100 000 $», a déclaré M. Sureau. Il a ajouté que l'employeur avait décidé de poursuivre l'assureur, mais que dans l'intervalle, la famille restait aux prises avec le fardeau des frais médicaux.

C'est un ex-Montréalais vivant en Asie qui a fourni les 32 000 $ qui ont été nécessaires pour évacuer la Québécoise d'Indonésie vers Singapour, où elle a été soignée pour des brûlures sur 23 % de son corps, a dit M. Sureau.

Au cours d'une conversation téléphonique avec son père de son lit d'hôpital à Singapour, Sophie Sureau a dit croire qu'elle aurait perdu son bras gauche si elle était restée à Bali.


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