Les tractations autour de la résolution sur l'Irak - Une semaine passée rivé au téléphone
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Washington - Les négociations pour arracher un vote unanime de la résolution de l'ONU sur l'Irak ont eu lieu des travées onusiennes à celles d'une église où le secrétaire d'État Colin Powell mariait sa fille, ont indiqué hier des responsables de l'administration américaine.
Le secrétaire d'État lui-même avait fait part de ce détail dans un entretien accordé à des journaux européens mais n'avait pas précisé que son interlocuteur était le chef de la diplomatie française.
Ce n'est qu'à 9h (heure de New York) hier, une heure avant le vote à l'ONU, que les négociateurs américains ont reçu le «kharacho, da» («oui, c'est bien») du ministre russe des Affaires étrangères, Igor Ivanov.
Depuis le discours du président Bush le 12 septembre devant l'Assemblée générale de l'ONU réclamant une résolution pour désarmer l'Irak, les négociations n'ont jamais cessé, a-t-on affirmé de même source.
«À certains moments, elles sont devenues extrêmement difficiles. Nous avons mis les Britanniques de notre côté en premier et ensuite nous avons convaincu peu à peu tous les autres», ont indiqué ces responsables.
Le plus dur a été de convaincre les Syriens, qui font actuellement partie des 15 membres du Conseil de sécurité.
«Tous les membres permanents du Conseil de sécurité [Chine, États-Unis, France, Grande-Bretagne et Russie] ont parlé aux Syriens, le secrétaire général a parlé aux Syriens, Colin Powell a envoyé un message au ministre des
Affaires étrangères syrien hier [jeudi]. Ils ont fait part de leur souhait de retarder le vote, mais nous n'en voyions pas la nécessité», a précisé un responsable.
«Alors même que l'ambassadeur Negroponte [le représentant des États-Unis à l'ONU] marchait pour se rendre dans la salle du Conseil, nous n'étions toujours pas sûrs du vote syrien. Mais il a été informé à ce moment-là que c'était d'accord et que c'était 15-0», a ajouté ce responsable.
Colin Powell et Igor Ivanov se sont encore reparlé jeudi après la conversation entre le président américain Bush et son homologue russe Vladimir Poutine.
«Hier après-midi, quand l'accord des Français a été définitivement obtenu, Powell a appelé Ivanov et l'a informé des changements dans la formulation. Il a considéré que c'était une réelle avancée dont il voulait informer le président Poutine tout de suite», a indiqué le responsable américain. «Nous savions que les Russes étaient très proches d'un accord. Ivanov a appelé à 9h ce matin pour dire "kharacho, da"», a-t-on ajouté de même source.
Ces responsables ont confirmé que, pour Washington, cette résolution n'empêche pas les États-Unis de recourir à la force si nécessaire pour désarmer l'Irak.

